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samedi 31 janvier 2026

A propos de vulgarisation scientifique, notamment de la chimie

Un ami journaliste me tend cet oukase : « un papier, un sujet »... et je ne suis pas certain d'être d'accord.

Bien sûr, si l'on enfonce le clou, l'idée que l'on développe sera clairement perçue... mais quel est l'objectif ? Il y a autant de ces derniers que de lecteurs : certains veulent de l'information, d'autres veulent être dans le mouvement, d'autres encore veulent de l'actualité, d'autres veulent apprendre...

Comment parler à tous ? La tâche est clairement impossible, car nos amis qui veulent apprendre, par exemple, détestent l'information superficielle, qui ne donne pas les "moyens de la preuve", tandis que ceux qui veulent une information rapide n'ont que faire de développements, qu'ils jugent fastidieux. D'ailleurs, il en va de même pour les conférences dites "grand public", comme j'en ai fait mille dans les universités : l'assistance est composée de quelques passants extérieurs, mais aussi d'étudiants et de collègues, qui en savent plus que les autres.

Comment les satisfaire tous ?


Je crois que la réponse tient moins dans de la technique que dans de l'art. Et je m'explique en comparant la littérature à la cuisine.

Pour cette dernière, il y a trois composantes : technique, artistique, sociale. Ceux qui sont intéressés de bien comprendre cela pourront se rapporter à mon livre La cuisine, c'est de l'amour, de l'art, de la technique, où j'explique -exemples à l'appui- que la technique n'est pas bien compliquée : n'importe qui peut battre des blancs d'oeufs en neige, fouetter des jaunes d'oeufs avec du sucre jusqu'à ce que le mélange blanchisse (il "fait le ruban"), cuire le mélange (additionné de chocolat et de farine) dans un four réglé à 180 °C pendant 40 minutes, couper le gâteau obtenu en deux disques, intercaler des cerises au sirop, imbiber de kirsch, et napper de crème que l'on fouette (oui, vous avez reconnu la recette du gâteau Forêt noire).

Et tout cela n'a guère d'intérêt, au point qu'une machine pourrait le faire. Non, ce qui est intéressant, c'est la question "artistique", que l'on comprend mieux en comparant avec la musique : dans une salle de concert, ce qui nous intéresse n'est pas la tenue du musicien (le pianiste canadien Glenn Gould jouait sur une sorte de tabouret, le violoncelliste YoYo Ma est vautré sous son violoncelle), mais la beauté de la musique.

De même, en cuisine, l'apparence dans l'assiette compte moins que le goût : pour la cuisine, le "beau", c'est le beau à manger, le "bon". Le lien social, enfin ? Disons pour faire vite que le meilleur des plats sera immangeable s'il nous est jeté à la figure.

Et revenons maintenant à notre "littérature", qu'il s'agisse d'articles dans des revues de vulgarisation ou de livres techniques, ou de romans. Là encore, il y a une composante technique : l'orthographe doit être correcte, ainsi que la grammaire, et la rhétorique doit être maîtrisée, par exemple. Pour le sens général, l'enchaînement des idées est également essentiel, bien sûr. Tout compte, parce que tout a un effet sur le lecteur. Par exemple, les connotations, les sonorités, les assonances, etc.

Mais, pour la "littérature" également, il y a une composante artistique, et celui ou celle qui écrit peut parfaitement organiser les choses comme il ou elle veut. D'ailleurs, on ne compte plus les romans qui partent de la fin, ou qui bouclent ; on ne compte plus les écrivains qui bravent les règles, tout comme Jean-Sébastien Bach a bravé la règle du "triton" (la quarte augmentée, un intervalle qui fut considéré comme "diabolique).

L'art est précisément d'échapper aux règles, et c'est le propre d'un bel artiste d'abattre les règles en réussissant à rendre son auditoire heureux. Là, il n'est plus question d'idées simplistes telles que "un article, une idée".

Et, mieux, l'artiste peut vouloir précisément se donner comme règle de faire deux idées, ou trois, pour un article.

D'ailleurs, le même ami journaliste me dit que "quelqu'un qui lit un papier contenant une idée claire et accessible s'en rappelle 20 ans plus tard même s'il ou elle a lu vite; en revanche la même personne lisant un papier contenant deux idées, a oublié un quart d'heure après, même s'il ou elle a lu lentement."

Là encore, je réfute absolument cette idée (technique, une fois de plus ; donc qui manque d'inclure la question artistique), et j'en ai fait la réputation dans mes Secrets de la casserole : j'avais appliqué, plutôt, la technique de la "phrase magique", à savoir que quand un article est fini, on passe autant de temps qu'on a passé à l'écrire pour trouver une phrase mémorable. Et c'est cela qui rend mémorable. J'ajoute que cette idée n'est pas mienne ; je l'avais tirée d'un extraordinaire (gros) traité de littérature : What to write, how to write, how to sell it (qu'écrire? comment écrire? comment le vendre?), dont les chapitres étaient rédigés par les principaux écrivains de l'époque à laquelle le livre est paru.

Pour mes Secrets de la casserole, bien sûr, il y avait la nouveauté du thème, ou encore l'idée de partie de questions et d'y répondre brièvement, la recherche de la clarté dans les explications, mais quand même : j'avais mis en oeuvre, dans chaque double page, cette idée de la phrase magique, et je peux témoigner que j'ai passé BEAUCOUP de temps à chercher ces phrases.
Lorsque le livre est sorti, les journalistes qui l'avaient recensé ont très souvent cité de mes phrases magiques, et trente ans après, je rencontre encore des gens qui me citent de ces phrases particulières.

J'ajoute que j'avais testé toutes les configurations : parfois, la phrase magique était en début de chapitre, parfois elle était au milieu, ou en fin. Tout fonctionne... si la phrase est "magique".

Et, comme je veux aussi réfuter l'idée d'une seule idée par texte, je me propose de livrer ici quelques réflexions sur la vulgarisation de la chimie.

Car mon ami, me lisant, me dit ne pas savoir ce qu'est une "amine secondaire".

 Il est vrai que cette question est un peu distincte des premières, par nature. Mais l'unité de l'ensemble de ce billet vient du fait que c'est le même ami que je prends comme prétexte pour explorer la difficile question de la diffusion de Connaissance.
 
 Là, j'ai mis une majuscule à ce mot commun, "connaissance", et c'est évidemment voulu : je veux signaler qu'il ne s'agit pas d'information, mais de mieux.
 
 D'ailleurs, je fais ici un écho à ce que je disais plus haut, à propos des divers lecteurs, en citant Jean de la Fontaine : "Si Peau d'Âne m'était conté, j'y prendrais un plaisir extrême". Oui, d'abord, il y a la question de l'histoire que l'on raconte, mais, mieux, on (moi, en tout cas) ne raconte pas des histoires au hasard, au fil d'une actualité aussi peu intéressante qu'elle est plus manipulée. D 'ailleurs, c'est bien cela, l'intérêt de cette revue Pour la Science que j'aime tant : on ne se limite pas à l'information (la fusée a décollé), la bête information qui glisse comme l'eau sur les plumes du canard, mais on donne les "moyens de la preuve".
 
 Oui, les "moyens de la preuve" : cela signifie que l'on rend nos amis qui nous lisent capables de bien plus qu'avant leur lecture. L'actualité est un support de l'élévation... de sorte que "Connaissance" méritait bien une majuscule, n'est-ce pas ?
 Et là, je ne peux m'empêcher d'ajouter (mon ami ne vas pas être content de mes ajouts baroques !) que l'aspect proprement révolutionnaire de l'Encyclopédie (coordonnée par Denis Diderot et Jean Le Rond d'Alembert) tenait surtout au rapprochement d'articles à propos de métiers techniques et d'articles de politique ou de philosophie. C'est cela, la vraie sédition : ne pas admettre le pouvoirs des élites, reconnaître la technique et la technologie au même niveau que la science, ne pas comparer des pommes et des bananes, mais les considérer, en apprécier la variété...
 
 Revenons à la chimie, puisque le paragraphe qui précède n'était une introduction à la discussion de cette difficile question.

Quand je parle à un ami physicien, par exemple, je sais que, plusieurs années après ses études, la probabilité qu'il se souvienne de ce qu'est un ammonium quaternaire (par exemple) est faible. Oui, il me faut lui expliquer que les ammoniums quaternaires sont des composés organiques dont les molécules sont construites autour d'un atome d'azote (positivement chargés), avec quatre groupes qui sont liés à lui.
 
 Mon ami physicien saura-t-il ce qu'est un "groupe" ? Je n'en suis pas sûr, et il vaudrait mieux que je lui explique/rappelle qu'il s'agit de groupes d'atomes, et que je donne des exemples : le groupe méthyle est composé d'un atome de carbone lié à trois atomes d'hydrogène, ce que l'on note -CH3, si l'on désigne par C un atome de carbone et par H un atome d'hydrogène.
 
 Là, suis-je allé trop loin ?

 
 Tout dépend de mon interlocuteur, de son âge, de sa formation... Mais si je veux pouvoir m'adresser au plus grand nombre, il faudra que je cherche à bien dérouler toute la pelote de fil, que j'explique, et que j'explique, et que j'explique encore. Sans compter qu'il faut quand même, pour que mes amis me suivent, pour qu'ils acceptent mes explications, que je leur ai expliqué l'intérêt de me suivre, l'enjeu.
 
 Au fond, quel intérêt de savoir ce qu'est un ammonium quaternaire ? Dans l'absolu, pour tout autre qu'un chimiste, cette connaissance (petit c) est nulle. Et il faudra que mes explications aient un peu de "charme" : souvenons-nous de la question de l'art.
 
 Finalement, je vois que tout cela prend de la place sur la feuille, car il faudra beaucoup d'information, et, plus encore, tout un appareil rhétorique pour faire passer la pilule. 

Une phrase magique pour terminer : vita brevis, ars longa.La citation est tronquée... mais j'y reviendrai une autre fois, ce qui me donnera le temps de réfléchir à la difficile question la diffusion de la chimie !

mercredi 2 octobre 2019

Pour un bon scientifique


L'histoire est exacte : un jour, il y a longtemps, discutant avec un "directeur de recherche", ce dernier m'a dit "Il faut faire de la bonne science". Et je lui ai répondu : "C'est quoi ?". A l'époque, il n'avait pas su me répondre, et j'avais évidemment été narquois... mais c c'est sans doute parce que j'ai un assez mauvais fond, n'est-ce pas ?  Toutefois le pêcheur peut se rachter, et c'est ce que je propose de faire ici, en livrant quelques "Règles pour un bon scientifique".
J'en donne aujourd'hui trois : (1) dire combien,  (2) citer de (bonnes références),  (3) réclamer les moyens de la preuve pour chercher à comprendre.

Dire combien, combien, combien ?

La première règle se fonde sur la méthode des sciences de la nature, que j'ai discutée dans nombre de billets. Cette quantification intervient dans le deuxième étape de la démarche, à savoir que le phénomène identifié dans la première étape doit être quantifié, de tous les points de vue utiles. Ce seront ces données qui seront réunies en "lois", c'est-à-dire en équations, lesquelles permettront l'établissement d'une théorie, ou ensemble d'équations assorties de concepts quantitatifs, avant les tests de réfutation (quantitative) des conséquences de la théorie.
Bref, du nombre, du nombre, du nombre... Et voici pourquoi nous devons nous interdire d'utiliser des adjectifs ou des adverbes : la question, l'unique question, c'est "Combien ?".


Les références

En science, rien ne doit être donné  ou fait sans justification ! Et c'est là que s'impose la bibliographie, et, de ce fait, la donnée de références.
Les mauvais scientifiques se contentent de trouver des références et de les donner sans justification, sans analyse critique. En revanche, les bons scientifiques savent évaluer les publications, et ne donner de références qu'avec une appréciation critique. Par exemple, on comprend facilement qu'on n'établit pas un fait si l'on cite une publication dont les méthodes sont défaillantes ! Et l'on comprend que l'on n'ira jamais donner des sources non scientifiques.
Mais la question est donc de savoir bien juger un travail publié, car il serait naïf de croire que toutes les publications sont bonnes, et je peux l'attester, moi qui ai vu mille fois publier des articles que j'avais refusé (pour cause de graves insuffisances méthodologiques), en tant que rapporteur !
Reste qu'il faut citer ses sources.


Les "moyens de la preuve"

Si l'on met dit qu'une fusée a décollé, je reste aussi bête qu'avant. Si l'on met dit qu'il y a une bataille en 1515, l'information est vide de sens, sans informations complémentaires. Si l'on me donne un dosage d'un produit dans une matrice, je doute, car je sais que les dosages imposent souvent des extractions, lesquelles sont bien souvent incomplètes. Et ainsi de suite.
C'est la raison pour laquelle, pour chaque donnée qui m'est délivrée, j'ai besoin des "besoins de la preuve", des détails de la procédure. Comment la fusée a-t-elle décollé ? Quels étaient les combustibles ? Et s'est-elle élevé de deux mètres ou a-t-elle atteint l'altitude de libération du champ gravitationnel terrestre ? Et à Marignan : étaient-ils une poignée, ou des milliers ? Et combien de temps cela a-t-il duré ? Combien de morts ? Et pour le dosage : quelle précision ? Comment s'est-on assuré que l'on a fait un bon dosage ? Et ainsi de suite.
Bref, avant d'admettre une information, il  me faut mille détails, mille circonstances. L'énoncé précis des matériels et des méthodes employés par les personnes qui ont été à l'origine des résultats donnés.


Avec cela, on a un (tout) petit début, mais au moins, on sait ce qu'il y a à faire.






dimanche 21 juillet 2019

Que faire quand un professeur est "mauvais" ?


Je trouve un cas intéressant en discutant un message reçu de la part d'étudiants : ceux-ci se plaignent de professeurs dont le cours serait "mauvais".
Mauvais ? L'utilisation d'un adjectif appelle certainement une discussion : mauvais combien ? Et par rapport à quoi ? Au fond, dans l'absolu, si l'on suppose que  l'enseignement est comme la cuisine, avec des composantes techniques, artistiques et sociales, on peut avancer dans l'analyse : s'agit-il d'une mauvaise technique (des informations fausses) ? D'un art mauvais (il faudra analyser) ? D'une socialité déficiente (professeur jugé peu amène) ?
Bref, il y a déjà mieux à faire que balancer un adjectif.

Cela posé, un longue analyse du cas particulier qui me qui m'a signalé m'a fait comprendre que pour moi, les plaintes sont souvent le signe de petits esprits : j'entends la plainte, mais elle disqualifie presque celui ou celle qui l'émet... Ce qui pose une question de principe : que faire si les professeurs sont vraiment mauvais ? Il y a une responsabilité à les laisser exercer sans agir, mais en référer à une "autorité", c'est quand même faire une "dénonciation", mot terriblement chargé de sens... Et puis, tout n'est pas noir ou blanc,  et que la qualité d'un enseignement quelque chose  difficile à mesurer.
D'ailleurs, pour un qui se plaint, d'autres seront peut-être content ? Tel qui ne tire rien d'un cours jouxte peut-être un collègue pour qui le cours apporte des lumières utiles... pourrait-on dire si l'on est charitable.
Je conclus qu'il y a d'abord lieu de bien s'assurer des faits, d'être certain que, pour tous les étudiants, ce cours est mauvais,  et c'est seulement dans ce cas-là qu'il faut en référer à l'institution, laquelle doit prendre ses responsabilités et agir selon des règles administratives qui comprennent quand même de donner une seconde chance au professeur incriminé. Le pécheur peut être sauvé, et puisque les professeurs donnent souvent une seconde change aux étudiants, c'est la moindre des choses que l'on ait cette pratique avec les professeurs.

Évidemment, dans ce qui précède, je parle de qualité des enseignements et pas ce qui relèverait du pénal, car on entend derrière cette discussion particulière l'ensemble des relations humaines.
Cette dernière observation conduit à prendre un peu de recul, et à considérer qu'une plainte concerne des relations conflictuelles entre des personnes d'une même institution. Par conséquent il faut se référer au règlement intérieur pour agir parfaitement dans les règles.

jeudi 24 août 2017

Une observation passionnante

On discute à l'infini des dangers de la chimie, et l'on confond souvent les dangers et les risques. Oui, l'acide sulfurique est dangereux, et il est vrai que cela peut faire des catastrophes quand on met de l'eau dedans (surtout, ne faites pas l'expérience !), tout comme il est vrai que cela fait des catastrophes quand on met de l'eau sur de l'huile bouillante enflammée (surtout, ne faites pas l'expérience !). Dans le premier cas, chimique, l'eau fait avec l'acide sulfurique concentré une réaction qui dégage beaucoup de chaleur, provoque une ébullition qui provoque des projections d'acide sulfurique concentré ; dans le second cas, culinaire, l'eau tombe au fond de la casserole, parce qu'elle est plus dense que l'huile, mais, chauffée par l'huile bouillante, elle s'évapore, et provoque une explosion qui projette de l'huile enflammée partout.
On pourrait multiplier les exemples, pour montrer que la question n'est pas le danger, mais le risque : courir avec un couteau la pointe en l'air, traverser la route, conduire un jour de grands départs, etc. Le danger est dans le moindre de nos actes, et il importe de minimiser les risques. Par exemple, je ne risque pas de me tuer à l'atterrissage si je ne fais pas d'ULM, et le risque de me noyer dans ma baignoire est moindre que si je suis en solitaire au milieu de l'Atlantique.
D'où les consignes de sécurité que l'on donne dans les laboratoires de chimie. Le port des blouses, des gants, des lunettes... Il y a tout un apprentissage... mais je sais que certains débutants voient mal l'intérêt de toutes ces contraintes. N'en fait-on pas un peu trop ?

Non ! 

Aujourd'hui, je viens de trouver, un peu par hasard, une merveilleuse démonstration de la nécessité de faire très attention, lors des expérimentations. Il s'agissait d'un classique  dosage du dioxyde de soufre par une solution de di-iode (je passe sur les détails expérimentaux) : dans une burette, il y avait donc la solution de di-diode, et les gouttes tombaient une à une dans un erlenmeyer (un flacon de forme conique, resserré sur le haut) où était le vin à doser. La burette était bien placée, le plus bas possible pour que les gouttes de solution de di-iode ne tombent pas de haut, et le vin à doser était agité le plus doucement possible par un agitateur magnétique.
Enfin, il faut que je signale que l'erlenmeyer était placé sur un papier blanc, conformément à la méthode officielle que j'utilisais, car cela permettait de mieux voir le changement de couleur, au moment (à la goutte près) où la solution de dosage de di-iode avait fini de consommer tout le dioxyde de soufre du fin.





En cours de dosage, alors, donc, que je manipulais avec beaucoup de précaution, j'ai soudain vu le papier blanc de teinter de noir en quatre endroits : quatre toutes petites taches de di-iode, alors que rien d'anormal n'était arrivé.

Oui, quatre petites taches, qui, grâce à la couleur de la solution de di-iode, m'ont montré que, malgré les précautions, il y a des projections, dans uner telle expérience.

En l'occurrence, il n'y a pas de risque, parce que je portais des gants, des lunettes et une blouse, et aussi parce que les réactifs utilisés n'étaient pas très dangereux, mais c'était surtout une mise en évidence : avec des produits bien plus dangereux, la possibilité de telles projections existe aussi, et, là, il faut absolument être protégé.

 J'y pense : et si, au lieu de faire la morale à nos étudiants, nous leur faisions répéter cette expérience, afin qu'ils voient d'eux-mêmes qu'il y a des projections ? Ainsi convaincus du bien-fondé des règles de sécurité, ils auraient certainement à coeur de les appliquer !

vendredi 16 juin 2017

Nous devons nous faire une vie d'étude douillette

En quête de "lumière", nous devons mettre toutes nos fibres en ordre de bataille, puis mobiliser toutes nos forces, afin de vaincre les préjugés, les opinions, les sentiments, les a priori... Il nous faut une pensée claire, posée sur des mots justes. Les mots justes doivent correspondre à des idées, justes, et nous devons mettre de côté notre mauvaise foi, ne pas céder à l'envie de petits arrangements un peu veules. Nous devons être intransigeants avec les concepts et leur environnement. Jamais nous ne devons accepter de l'à-peu-près, jamais nous ne devons mettre la poussière sous le tapis. Tout doit être clair, limpide...

Evidemment, pour parvenir à cet état, nous devons mettre de côté cette poussière du monde que nous ne cessons de créer. Comment nous y prendre ?

La question est difficile, mais cela vaut la peine de se raccrocher à une série de petits "trucs". En faisceaux, ces dispositions deviendront efficaces. Un "truc" ?
Dans notre groupe de recherche, nous avions des règles : des contraintes. Nous les avons nommées des "postulats", et, soudain, les contraintes sont devenues des aides, un support, un socle solide sur lequel nous pouvons marcher d'un pas ferme.

Généralisons  !

samedi 18 février 2017

Et là, je me suis laissé aller...

Un correspondant agite un torchon rouge devant le taureau : peut-on faire des soufflés aux fruits rouges ? Pourquoi ne trouve-t-on pas de recettes de soufflés aux fruits rouges en ligne ?
Pour la seconde question, je ne sais pas, mais pour la première, oui, mille fois oui, on peut faire des soufflés au goût que l'on veut. Aux fruits rouges comme au fromage ou à la vanille, ou au poisson, ou à la viande, ou... à tout !
L'essentiel : ne pas oublier les "trois règles de Hervé", et voir http://gastronomie-moleculaire.blogspot.fr/2017/02/des-souffles-aux-fruits-rouges.html

vendredi 15 février 2013

Quelques idées pour se supporter dans la glace le matin

Dans mon bureau sont affichées des maximes.
Régulièrement, il y en a qui disparaissent, apparaissent, se transforment.

Voici l'état, à ce jour. On me pardonnera évidemment de me mettre au milieu de grands esprits, dont je ne suis évidemment pas !


IL FAUT S’AMUSER A FAIRE DES CHOSES PASSIONNANTES
H. This
Nous sommes ce que nous faisons : quel est ton agenda ?
H. This
Une colonne vertébrale !
H. This
Toujours considérer les résultats particuliers que l’on obtient comme la
« projection » de cas généraux que nous devons inventer (abstraire et
généraliser)
H. This
Quels sont les mécanismes ?
La science en général
Les mathématiques nous sauvent toujours : « que nul ne séjourne ici s’il n’est
géomètre »
Platon
Ne pas oublier de donner du bonheur.
H. This
Tu fais quelque chose ? Quelle est ta méthode ? Fais le, et, en plus, fais-en la théorisation.
H. This
Surtout ne pas manquer le moindre symptôme
H. This
Je ne sais pas, mais je cherche !
H. This
De quoi s’agit-il ?
Henri Cartier-Bresson

Puisque tout est toujours perfectible, que vais-je améliorer aujourd’hui ?
H. This
« Dois-je croire au probable ? ».
H. This ?
A rapprocher de :
: « En doutant, nous nous mettons en recherche, et en cherchant nous
trouvons la vérité ».
Abélard
Et de :
"Douter de tout ou tout croire, ce sont deux solutions également
commodes, qui l'une et l'autre nous dispensent de réfléchir".
Poincaré
Combien ?
La science en général
D’r Schaffe het sussi Wurzel un Frucht
Proverbe alsacien
Ni dieu ni maître
La devise des anarchistes
Tout ce qui mérite d’être fait mérite d’être bien fait
?
La vie est trop courte pour mettre les brouillons au net : faisons des brouillons
nets !
Jean Claude Risset
Se mettre un pas en arrière de soi même
?
Le summum de l’intelligence, c’est la bonté
(et la droiture)
Jorge Borgès
Regarder avec les yeux de l’esprit
H. This
Vérifier ce que l’on nous dit
Ne pas généraliser hâtivement
Ayez des collaborations
Y penser toujours
Entretenez des correspondances
Avoir toujours sur vous un calepin pour noter les idées
Ne pas participer à des controverses
Michael Faraday et Isaac Watts
Penser avec humour des sujets sérieux (un sourire de la pensée)
H. This
« Comme chimiste, je passai cette oeuvre à la cornue ; il n'en resta que ceci : »
; se dissoudre dans, infuser, macérer, décoction, cristalliser, distiller,
sublimer, purifier, alambiquer
Jean-Anthelme Brillat-Savarin
« Et c’est ainsi que la chimie est belle »
H. This d’après Alexandre Vialatte
Morgen Stund het Gold a Mund
Proverbe alsacien
Y penser toujours
Louis Pasteur
Ne pas confondre les faits et les interprétations
Elémentaire
Quand les lois sont mauvaises, il faut les changer
H. This
Ne pas faire de lois qui punissent les bons élèves, et ne pas faire des lois pour punir les mauvais si on ne les applique pas.
Un conseil de H. This aux prétentieux qui font des lois
Un homme qui ne connaît que sa génération est un enfant
Cicéron
Dieu vomit les tièdes
La Bible
Il n’est pas vrai que « La tête guide la main », ce qui est prétendu par une
poutre du Musée du compagnonnage, à Tours : la tête et la main sont
indissociables
H. This
Les calculs !!!!
Tous les scientifiques dignes de ce nom
Tout changer à chaque instant (vers du mieux !)
H. This
Chercher des cercles vertueux
H. This
Comme le poète, le chimiste et le physicien doivent maîtriser les métaphores
H. This
Le moi est haïssable
Blaise Pascal
Quels mécanismes ?
La science en général
N’oublions pas que nos études (scientifiques) doivent être JOVIALES
Hervé This
L’enthousiasme est une maladie qui se gagne
Voltaire
Clarifions (Mehr Licht)
Goethe

Tu viens avec une question, mais quelle est la réponse (utilise la méthode du
soliloque)
H. This
Pardon, je suis insuffisant, mais je me soigne
H. This
Comment faire d’un petit mal un grand bien ?
H. This
Le diable est caché derrière chaque geste expérimental, et derrière chaque
calcul
H. This

Les questions sont des promesses de réponse (faut-il tenir ces promesses). Vive
les questions étincelles
H. This
La méditation est si douce et l’expérience si fatigante que je ne suis point
étonné que celui qui pense soit rarement celui qui expérimente
Diderot
Comment pourrais-je gouverner autruy, moi qui ne me gouverne pas moi-
même
François Rabelais
Prouvons le mouvement en marchant !
Hervé This
Comment passer du bon au très bon ? Comment donner à nos travaux un
supplément d’esprit ?
Hervé This

Il faut des TABLEAUX :
les cases vides sont une invitation à les remplir, donc à travailler!
Hervé This
Si le résultat d'une expérience est ce que l'on attendait, on a fait une mesure ; sinon, on a fait une découverte!
Franck Westheimer
Quelqu'un qui sait, c'est quelqu'un qui a appris.
Marcel Fétyzon
Il n'est pas nécessaire d'être lugubre pour être sérieux (le paraître n'est pas l'être).
H. This
Si le résultat d'une expérience est ce que l'on attendait, on a fait une mesure. Sinon on a fait une découverte.
Franck Westheimer
Il faut tendre avec efforts vers la perfection sans y prétendre.
Michel-Eugène Chevreul






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