lundi 4 juillet 2016

Pourquoi nous ne sommes pas un laboratoire d'analyses... même si nous faisons des analyses.

Sans doute parce que je fais environ une invention "culinaire" par mois depuis plus  de 16 ans, certains confondent mon activité scientifique (nommée "gastronomie moléculaire") et la cuisine. Et quand j'essaie d'expliquer, notamment en expliquant que nous faisons des analyses, d'autres (ou les mêmes) confondent notre activité scientifique avec des activités d'analyses telles que les pratiques des laboratoires privés.

Il faut donc clarifier  : voir http://www.agroparistech.fr/Nous-ne-sommes-pas-un-laboratoire-d-analyses.html

De quoi s'agit il ?

 "De quoi s'agit-il ?"

Cette question remonte au minimum au photographe français Henri Cartier-Bresson, qui, avant de prendre une photographie, posait la question « De quoi s'agit il ? ». On retrouve ici la question de l'objectif (sans jeu de mot) : que veut-on voir ? Que veut-on montrer ? Que veut-on représenter ? De quoi s'agit-il ?   Imaginons par exemple que l'on veuille faire une photographie de fleur de pissenlit. Pourquoi ? De quoi s'agit-il ? Bien sûr, il s'agit de prendre une photographie de la fleur de pissenlit, mais là n'est pas la question posée. Pour une photographie, il ne s'agit pas seulement de représenter, mais de choisir la représentation. Veut-on montrer que la fleur est vide, quelle est fait de mille parties qui peuvent se détacher pour aller ensemencer alentour ? Qu'il y a une blancheur laiteuse ? Qu'elle est un symbole de la connaissance que l'on dissémine ? Une fleur de pissenlit n'a aucun intérêt en soi, et il faut une intention qui détermine la représentation que l'on doit retenir finalement.

Cette question du « De quoi s'agit-il ? » n'est pas propre à Cartier-Besson, et il semblerait qu'elle ait été posée, avant lui par le maréchal Foch, par exemple, mais il y a lieu sans doute de considérer que Foch a emprunté cette question à d'autres, car on comprend bien qu'elle se pose à propos des représentations, mais aussi chaque fois qu'il y a une interrogation, sur un objectif, par exemple. En sciences, cette question se pose avec acuité, car nous devons explorer des phénomènes. Prenons par exemple la question du bleu du  ciel. Bleu ? De quoi s'agit-il ? Le ciel ? De quoi s'agit-il ? Et pourquoi le bleu du ciel pourrait-il légitimement nous intéresser ?  Il y a lieu de s'interroger sur les objets que nous considérons, et la question permet de ne pas se lancer tête baissée dans des travaux qui se révéreraient finalement inutiles, ou dans des explorations qui seraient mal définies. Décidément, je crois que cela que vaut le coup d'un peu de réflexion, soutenue par cette question « De quoi s'agit-il ? ».

dimanche 3 juillet 2016

Douter de tout ou tout croire sont deux solutions également commodes, qui nous dispensent de réfléchir.

Cette phrase est de Henri Poincaré, remarquable mathématicien français, venu de Nancy et qui eut un cousin qui devint président de la république. Mais un président de la république n'est rien : il y en a tous les cinq ans ; ils passent. Alors que le Poincaré mathématicien restera dans l'histoire de la pensée humaine pour toujours, tant il était extraordinaire, tant il fit progresser la connaissance, et les mathématiques en particulier. Un président de la république est un administrateur, remplaçable. Un mathématicien de génie comme Henri Poincaré est un individu irremplaçable, notamment parce que les mathématiques sont œuvres de création. Etre un des plus grands mathématiciens de tous les temps, cela est vraiment beaucoup.

D'ailleurs, Henri Poincaré ne se contentait pas d'être un extraordinaire mathématicien ; il était aussi...

La suite sur http://www.agroparistech.fr/Douter-de-tout-ou-tout-croire-sont-deux-solutions-egalement-commodes-qui-nous.html

samedi 2 juillet 2016

Les calculs nous sauvent toujours

Un billet à lire sur http://www.agroparistech.fr/Les-calculs-nous-sauvent-toujours-que-nul-n-entre-ici-s-il-n-est-geometre.html

jeudi 30 juin 2016

La beauté des sciences de la nature

Pourquoi les scientifiques se lèvent-ils le matin ?

On pressent des réponses variées, mais c'est un fait que, pour beaucoup, il y a cette extraordinaire "beauté", qui a fait dire à certains, tel le mathématicien français Henri Poincaré, qu'il faut faire de la science en artiste.

La suite sur
http://www.agroparistech.fr/La-beaute-des-sciences-de-la-nature.html

mardi 28 juin 2016

On nous prend vraiment pour des imbéciles ; est-ce de la malhonnêté ou de la bêtise ?

Sur twitter, un correspondant avait posté l'image suivante :

Cela semble anodin : du sel... Mais chaque mot de l'étiquette est idiot ou mensonger, ou tendancieux...

Allons-y lentement :

"ingrédients" : je vois un "s", ce qui laisse penser qu'il y en a plusieurs ; or il n'y a que du sel. Donc le "s" était mensonger.

"Cristaux de sel de mer ramassés à la main" : c'est probablement mensonger, car il est peu probable que les ramasseurs se soient baissés pour prendre le sel dans leurs mains ; ils ont probablement pris des racloirs et des pelles.

"Sans OGM" : là, c'est à hurler de rire ! Les OGM, ce sont des "organismes génétiquement modifiés". Or le sel est minéral, pas vivant. Ne contenant pas de génome, de gènes, d'ADN ou d'ARN, il ne peut donc pas être modifié génétiquement. On nage donc dans le pléonasme (une évidence voulue) ou la périssologie (une évidence non voulue, donc une faute de pensée). Et puis, c'est quand même du marketing minable, non ?
Surtout, on prend tout ceux  qui savent que le sel, les cailloux, le sable, etc. sont des minéraux pour des imbéciles. Je propose que les indications du type "sans xxx" soient bien plus sévèrement réglementées qu'elles ne le sont ajourd'hui.

"Sans additifs artificiels" : stricto sensu, ce sel est artificiel, puisqu'il a été produit (c'est la définition du dictionnaire". Additif ? Il est vrai que le sucre glace, par exemple, est additionné de silice ou d'amidon, pour éviter qu'il ne fasse de blocs. Mais, là encore, pourquoi ajouterait-on des "conservateurs" à du sel... puisqu'il est lui-même un conservateur. Et puis, en quoi le statut du sel diffère-t-il réellement des additifs ?

"Produit en Afrique du Sud" : pas bien précis ; est-le pays  ?

"Ne pas moudre au dessus de la vapeur" : de quelle vapeur ? et pourquoi ?

"Bien refermer le couvercle après utilisation" : nos vendeurs ont-ils le sentiment idiot que le sel va s'évaporer (impossible) ?

Bref, soit nos vendeurs de sels sont idiots, soit ils sont tendancieux, soit ils nous prennent  pour des imbéciles. N'achetons pas leur sel !