Alors que je m'interrogeais sur mon "baroquisme" personnel, ma compulsion à faire des incises, à augmenter le nombre des rameaux qui sortent du tronc principal, quand je fais une présentation écrite ou orale, je m'interrogeais aussi sur la question de l'enseignement : au-delà des données techniques que l'on donne dans un cours, il y a surtout la nécessité de susciter de l'enthousiasme pour des questions et d'inviter efficacement nos amis à étudier puisque nous serons dans l'incapacité de leur faire ingurgiter ce dont ils n'ont pas envie
Et là, parce que je m'interrogeais d'autre part sur les notes en bas de page dans les articles, je vois qu'il y a le début du baroquisme : on fait un discours, on introduit un élément supplémentaire en bas de page... mais on pourrait aller à l'infini, introduire une note de la note et cetera.
Cela est évidemment à éviter, mais il faut surtout revenir à la question : comment susciter l'enthousiasme ?
Imaginons que nous ayons un discours parfaitement linéaire. C'est un chemin, et nous ne pouvons pas sauter d'une étape à une autre sans égarer nos amis : imaginons que vous voulions aller de Paris à Colmar, impossible d'aller de Paris à Reims, puis de Strasbourg à Colmar ; il faut manifestement faire quand même le chemin de Reims à Strasbourg.
Comment alors faire saillir des parties du discours ? Manifestement, si le chemin est choisi, fixé, c'est soit par les idées soit par les mots.
Les mots, c'est bien joli, mais au-delà de la coquetterie qu'un joli mot introduit, je crois que la force de l'idée est supérieure. Et je vois donc que nous en sommes réduits à trouver des idées passionnantes sur des thèmes qu'ils ne sont pas toujours.
À moins que je me trompe et que l'enjeu, pour le professeur, soit de savoir bien voir la beauté afin de la faire ensuite partager à nos amis ?
Cela étant, un long discours mérite toujours d'être segmenté : on fait un plus long chemin si l'on y va doucement, par petites étapes ; à propos de cuisine, on dirait que les plus petites bouchées sont plus faciles à avaler que les grosses.
Et au point d'étape, que ferions-nous ? C'est là où il y a peut-être à organiser nos incises, pour donner un peu de relief. En arrivant au point d'étape, nous ferions une petite conclusion pour bien résumer ce que nous avons vu. Puis nous annoncerions une incise un peu étonnante, afin de donner des compléments d'information, de faire de la variété. Et nous ne remettrions en chemin après avoir expliqué là où nous allons.
Il me semble qu'il y a là une stratégie d'enseignement qui mérite d'être considéré
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