jeudi 7 décembre 2017

Vive la chimie !


J'ai eu des hésitations, mais je crois que ma pensée s'est maintenant stabilisée à propos du statut de la "chimie".

1. Qu'est-ce que la chimie ? Comme beaucoup de mes amis, j'ai d'abord eu cette pensée irréfléchie selon laquelle la chimie serait à la fois une technique, une technologie et une science.

2. Puis j'ai considéré que cela n'était pas possible, car une activité humaine se définit par son objectif, lequel conditionne sa "méthode" (en grec, methodon signifie "chemin"). Et la technique n'a pas le même objectif que la science (de la nature). Je m'étais donc demandé à quelle activité réserver le nom de "chimie".

3. Ayant interrogé des amis (VIP, bien sûr), j'ai reçu l'argument d'autorité selon lequel la chimie est une science. Dont acte. Je me suis donc réformé, et j'ai conclu que la cuisine n'était donc pas de la chimie, puisque ce n'est pas une science, mais une technique, doublée d'art (parfois).

4. Puis est venu un moment terrible où j'ai cru que je m'étais trompé, et que l'on devait réserver le nom de chimie à la technique : après tout, dans l'histoire (récente) de l'Ecole supérieure de physique et de chimie de Paris, il y a ce fait que, lors des 50 ans de l'école, on discutait encore du fait que les élèves "chimistes" étaient initialement des préparateurs, et pas des scientifiques. Ou le fait que les chimistes du Museum auraient été moins bien que les pharmaciens. Avec le fait que la "physique" est la science de la nature par excellence, le mot "physis" signifiant "nature", j'avais proposé que l'on parle de sciences de la chimie, de sciences chimiques, de physique chimique.

5. Mais je viens de bien regarder ce moment historique où la chimie s'est séparée de l'alchimie. Pour l'alchimie, il y a eu différents courants, mais c'est un fait que la chimie s'est séparée quand elle a oublié les questions de transmutation, de pierre philosophale, de grand oeuvre... Certes, on continuait de s'intéresser à la constitution de la matière, mais sans faire d'hypothèses autre que la rationalité. D'où les progrès des 17 et 18e siècles, avec notamment la découverte des "éléments", surtout avec Lavoisier, pour le début des travaux.
Et Lavoisier se disait "chimiste", il faisait de la chimie, à côté de Laplace, qui était physicien et faisait de la physique.


 Je demande pardon à mes amis, mais ma position est maintenant clarifiée : même si, personnellement, j'ai de l'intérêt pour de la physique, et j'en fais un peu, je ne cesse de considérer dans mes travaux les comportements des assemblages d'atomes (molécules, agrégats, que sais-je?), et je crois que la chimie est une science merveilleuse, parce qu'elle détermine in fine le comportement d'une large partie du monde matériel.

Vive la chimie !