jeudi 10 septembre 2026

Sciences naturelles ? Non : sciences de la nature

 Au détour d'un document que je lis ce matin, je trouve l'expression "sciences naturelles" et je me dis qu'il faut expliquer pourquoi elle était erronée.
 

C'est là une question récurrente, et je sais d'expérience que mes interlocuteurs ne perçoivent pas toujours très bien pourquoi il faut faire la différence entre sciences naturelles et sciences de la nature. Cela fait partie des précisions qui risquent toujours de nous faire passer pour des gens excessivement pointilleux, alors qu'il y a en réalité une véritable différence de sens entre les deux expressions. Ici, avec sciences naturelles, nous avons un bon exemple pour expliquer la différence. 


Commençons par observer qu'une science peut-être naturelle si elle est...  naturelle. Or il y a une impossibilité puisque la science est le propre de l'être humain ; or ce qui relève de l'être humain n'est précisément pas naturel mais artificiel ;  c'est le sens du mot que l'on trouve dans le dictionnaire. En revanche une science de la nature  est une science qui explore la nature. D'ailleurs, plutôt que "science de la nature", il faudrait dire en toute rigueur une science qui étudie la nature...  mais on peut bien tolérer de dire science de la nature car il n'y a pas de faute.
 

Les grammairiens eux, pour discuter cette erreur particulière de la langue, prennent souvent l'exemple de "cortège présidentiel". Le cortège n'est présidentiel que si le cortège est le président ;  mais si l'on veut parler du cortège qui accompagne le président, alors il faut parler de cortège du président. Tout simple n'est-ce pas ?
 

Je vous invite maintenant à surveiller autour de vous et vous verrez combien il y a d'ambiguïté qui s'introduit dans les discours  en raison de cette adjectiviation trop courante, qui gauchit la pensée.

mercredi 9 septembre 2026

Je reviens sur le 14e Concours international de cuisine note à note

 Nous venons de terminer la finale du 14e concours de cuisine notae à note et, en plein milieu de l'événement, je me suis aperçu du chemin considérable que nous avions fait depuis le premier concours non seulement, mais aussi depuis les débuts de la gastronomie moléculaire.
Avant la gastronomie moléculaire physique, les étudiants formés pour l'industrie alimentaire, par les institutions de sciences et technologie des aliments, recevaient et formaient des ingénieurs qui généralement ne savaient pas cuire un œuf. Je caricature à peine et je peux témoigner que, en tout cas beaucoup,  n'avaient jamais cuisiné,  au point que ce fut une révolution quand nous avons introduit les premiers cours de cuisine, éclairée évidemment, dans ces institutions.
 

D'ailleurs, dans certains pays, il existe encore des centres de formation des ingénieurs en agroalimentaire où il n'y a pas d'activité culinaire et l'on forme en quelque sorte des gens qui doivent produire des œufs durs par milliers alors qu'ils n'en ont jamais fait cuire un seul.
 

Bref, avec notre master Food Innovation and Product Design, nous avons été parfaitement innovants,  et nous le restons puisque nous enseignons non seulement la cuisine mais de surcroît la cuisine de synthèse, la cuisine note à note.
 

Et c'est là le deuxième motif d'émerveillement et de joie. Avec notre 14e concours, dont le thème était "Réduire les calories, réduire les coûts, et faire attention au goût", nous avons vu des productions très extraordinaires : des jeux d'échec mangeable, des statues de dragon dans des océans,  des palettes de peintre ayant peint un aliment, et cetera.
Nous avions une trentaine de concurrents et nous en avons présélectionné sept, qui ont présenté leur réalisations à un jury principalement composé de grands chefs, avant lal remise des prix.
 

Mais avant de donner ceux-là, je termine avec mon émerveillement : je vois le chemin parcouru depuis le premier concours, il y a 15 ans, quand l'idée seule de la cuisine de synthèse était complètement iconoclaste, révolutionnaire, que nous étions critiqués de partout... Aujourd'hui, nos étudiants ont fait des choses merveilleuses et surtout avec le thème que nous avons retenu, nous avons vu des choses extraordinaires : des plats qui avaient beaucoup de goût mais qui ne coûtaient pas et dont le goût n'était pas fondé sur l'abus du sucre ou de la graisse. 

Ce concours est évidemment didactique car il sert non seulement à faire travailler les futurs ingénieurs et bien d'autres sur ces questions, mais il sert aussi à montrer à tous que l'on peut faire non seulement des plats peu coûteux et sains, mais surtout très bon. Car, je le répète, le jury était composé de chefs qui ne lâchaient rien de ce point de vue.

Les discussions entre ont été très intenses parce que, précisément, il y avait cette question du goût qui était en jeu. Les concurrents étaient jugés évidemment sur les trois critères principaux, le coût, les calories et le goût, mais aussi sur la réalisation pratique du plat et sur sa composition, car on sait bien qu'un plat doit raconter une histoire, qu'un plat doit faire voyager dans l'univers des consistances, des goûts, des couleurs, des saveurs, et cetera.
 

Je dois observer que les étudiants du Master, qui avaient préparé leurs plats à Dublin sous la houlette de ma collègue et amie Roisin Burke, on fait vraiment des choses extraordinaires.
 

Sans attendre, nous avons lancé le prochain concours,  le 15e,  et le thème sera la cuisine de rue salée, sans gels élémentaires. En effet, nous avons eu beaucoup de plats sucrés cette année et l'un des membres du jury à faire remarquer que c'était un peu facile en quelque sorte. Et les étudiants qui feront le concours l'an prochain ont accepté l'idée de faire des plats salés. Je me réjouis à l'idée de voir des présentations encore plus abouties par cette nouvelle promotion qui nous arrive cette année et qui semble composée de personnalités tout à fait merveilleuses. J'ajoute que notre Master international Food innovation and Product Design est un succès international, avec des étudiants qui viennent de tous les pays, des demandes d'admission par centaines et une sélection drastique de 20 à 30 au maximum.
 

Cette année, la commission européenne a jugé la qualité de notre master si bonne qu'elle a décidé de nous soutenir, ce qui permettra à d'autres étudiants de bénéficier de bourses pour venir étudier :  d'Inde, des États-Unis, du Pakistan, du Canada, l'Italie, d'Espagne, du Mexique... Nous avons des étudiants qui ne manquent pas un mot de ce que nous leur disons, et qui mettent donc la barre très haut pour les professeurs... mais quel bonheur d'avoir en face de nous ces personnes remarquables qui viennent pour étudier  ! Quel bonheur de
rencontrer de nouveaux amis, plus jeunes que nous et qui veulent se perfectionner !

mardi 8 septembre 2026

L'Académie d'agriculture de France publie des livres gratuits, en pdf

L'Académie d'agriculture de France lance une nouvelle collection de "petits livres", en pdf, gratuits, directement accessibles sur le site académique : pour l'instant le lien est 

https://www.academie-agriculture.fr/publications/livres-academie-agriculture-de-france 

Et je suis heureux de vous signaler que le premier livre de la série est consacré au travail scientifique (plus un peu de biographie) de Michel Eugène Chevreul, ce remarquable chimiste qui a élucidé la constitution moléculaire des graisses. 

L'auteur ? Votre serviteur. 

N'hésitez pas à télécharger le livre (et à le lire ;-)) : https://www.academie-agriculture.fr/system/files_force/publications/notes/2026/michel-eugene-chevreul-chimiste-et-encore-chimiste/livrechevreulparhthis310726.pdf?download=1

 

Vive la chimie ! 


Heureux !

 Permettez-moi de vous dire que je suis très heureux. Heureux pour plein de raisons, et ppeut-être en raison de mon bon naturel et de la chance que j'ai d'avoir de quoi bien vivre. Mais, en particulier, heureux pour deux raisons  : d'une part, lors de la finale du dernier concours de cuisine note à note, je me suis souvenu que, avant l'avènement de la gastronomie moléculaire, les élèves ingénieurs ne savaient souvent pas cuire un œuf ; et, d'autre part, il y a 15 ans, les préparations note à note étaient rudimentaires alors qu'elles semblaient tout à fait révolutionnaires... alors qu'aujourd'hui, les recettes proposées par les concurrents du concours de cuisine note à note sont de vraies recettes, élaborées, avec des goûts,  des formes, des consistances... Je  mesure le chemin parcouru !

vendredi 4 septembre 2026

Le thème du prochain Concours de cuisine note à note...

A été décidé : Savory Street Food

The 14 international for note by note cuisine has just concluded

 

Campus Agro Paris Saclay (Palaiseau, France), le vendredi 4 septembre 2026


The 14th International Note-by-Note Cuisine Competition has just concluded.


The winners are...





More than thirty contestants from over twenty countries submitted recipes for the 14th edition of the International Note-by-Note Cuisine Competition, organized by the INRAE-AgroParisTech International Centre for Molecular and Physical Gastronomy.


As a reminder, this new culinary style involves using "synthetic cooking" techniques, where the ingredients are specific food compounds rather than whole fruits, vegetables, meat, or fish.


Contestants were judged on taste quality and adherence to the theme:

"Reduce the costs, reduce the calories… but mind the flavour."


Six finalists were selected from the initial group of thirty (listed in alphabetical order):

Niamh Barry, Lucia Horstmann, Nerea Landa, Hannah Lorinc, Valentina Rodriguez, Sara Stanley, Jenglang Wu


Each presented their recipe to a prestigious jury comprising:

Pasquale Altomonte, Chef, Kitchen Lab Food (competition partner), Switzerland

Roisin Burke, Professor at Technological University Dublin (organizer), Ireland

Dao Nguyen, Kitchen Lab International, Switzerland

Mike O’Connor, Head of Discipline, Culinary Studies, School of Culinary Arts & Food, Technological University Dublin (Ireland)

Guillaume Siegler, Chef, Le Cordon Bleu Institute, France

Patrick Terrien, Chef, Académie Culinaire de France and International Club Toques Blanches, France
















The jury selected the winners:



1er prize : Niamh Barry

2nd prize : Neria Landa

3rd prize : Lucia Horstmann




They will bet prized from the sponsors of the prize :  :

Louis François

Kitchen Lab Food

L’institut Cordon bleu

Le Club international Toqles Blanches

L’Académie culinaire de France





We warmly congratulate all the contestants. Their recipes, as well as the recording of the final, will soon be available on the website of the INRAE-AgroParisTech International Centre for Molecular and Physical Gastronomy (see https://icmpg.hub.inrae.fr/international-activities-of-the-international-centre-of-molecular-gastronomy/synthetic-cooking-note-by-note-cuisine).



Have a look to the final event on Yutube :

https://youtu.be/BlXfzjUF80E



The organizers:

Hervé This, Inrae-AgroParisTech International Centre of Molecular and Physical Gastronomy

Roisin Burke, Technological University Dublin

Yolanda Rigault, biochmist.

 

 

14th International Contest for Note by Note Cuisine, 4th of September 2026. https://youtu.be/BlXfzjUF80E?si=cVJr0QdexMlvnoww via @YouTube

mercredi 2 septembre 2026

Final Event of the 14th International Contest of Note by Note Cuisine

 

Press release


Final Event of the 14th International Contest of Note by Note Cuisine



The 4th of September, on the AgroParisTech campus of Palaiseau, France (Amphitheater A0.04), but also online (https://agroparistech-fr.zoom.us/j/92937084463?pwd=amAeYGDLr7g9Av42Dx2MbSR32dcy1X.1), the final event of the 14th International Contest of Note by Note Cuisine will take place.



The topic select is : Reduce the costs, reduce the calories, but mind the flavour.



After a presentation of Synthetic cooking and Note by Note cuisine, the six pre-selected competitors have been pre-selected will present the dish that the submitted to the contest, to a jury including :



- Chef Patrick Terrien, Académie culinaire de France, International Club Les Toques blanches

- Chef Guillaume Siegler, Institut Cordon bleu

- Dr Mike O'Connor, Head of Discipline, Culinary Studies School of Culinary Arts & Food Technology at Technological University Dublin, Ireland

- Yolanda Rigault, biochemist, organizer

Roisin Burke, professor in molecular and physical gastronomy, Technological University Dublin, Ireland, and organizer.


During the evaluation by the jury, the chef Pasquale Altomonte and the biochemist Dao N’Guyen (Kitchen Lab Food) will make an online demonstration.


And the event will be concluded by the prize giving ceremony.




The International Contests of Note by Note Cuisine are organized by the Inrae-AgroParisTech International Centre of Molecular and Physical Gastronomy (https://icmpg.hub.inrae.fr/)



They are sponsored by the Louis François Company (https://louisfrancois.com/), the Kitchen Lab Food Company (https://kitchenlabfood.com/)






The organizers :

Hervé This, Physical Chemist, consulting professor AgroParisTech, director of the Inrae-AgroParisTech International Centre of Molecular and Physical Gastronomy

Roisin Burke, professor in molecular and physical gastronomy, Technological University Dublin, Ireland

Yolanda Rigault, biochemist.