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mercredi 10 juin 2026

La difficulté des séminaires de laboratoire.

Dans la plupart des laboratoires, il y a des séminaires, c'est-à-dire des rencontres en vue de discussions scientifiques.

Plus en détail, les séminaires sont de plusieurs types :
- il y a des séances de formation, où l'un des membres du laboratoire expose aux autres de nouvelles techniques par exemple ;
-  il y a des séminaires de recherche, où  l'un des membres du laboratoire expose des travaux préliminaires, proposant à la discussion de tous ces idées, ouvert à des améliorations ;
-  il y a des séminaires qui permettent à des étudiants ou à des doctorants de s'entraîner à faire des présentations orales, ou à discuter des résultats.

Bien trop souvent, je me suis guère content du résultat. D'une part, les membres des laboratoires se mobilisent très peu pour ces séminaires : chacun a du travail, n'a pas le temps de venir assister au séminaire, a toutes les mauvaises excuses pour éviter ces rencontres...  mais quand on voit le temps passé dans les devant les machines à café, on s'étonne un peu.

D'autre part, j'ai très peu vu de séminaires où des collègues acceptent de montrer des résultats préliminaires, acceptent de partager avec  tous des travaux en cours, comme si il y avait une certaine honte à présenter quelque chose de pas terminé... et comme nous sommes toujours en train de perfectionner ce que nous faisons, rien n'est véritablement montré.

Pour les séminaires des étudiants ou des doctorants, les répétitions de présentations orales, c'est en quelque sorte pire, car on reçoit souvent un discours convenu, figé, qu'il est impossible d'interrompre... alors que les critiques sont innombrables. Chaque fois qu'on en fait une, les encadrants ou les directeurs de thèse prennent la parole pour répondre à la place de l'étudiant ou du doctorant comme si c'était eux qui étaient mis en cause.
Et, en tout cas, ces présentations sont faites bien trop tard, de sorte que régulièrement, aucun des changements proposés n'est  mis en œuvre pour la version finale, ce qui rend l'exercice inutile.

D'ailleurs, plus généralement, j'observe qu'il y a très peu de questions après les séminaires, les présentations orales, les conférences... Et d'ailleurs, les organisateurs le savent tous :
- ils ne laissent que très peu de temps pour ces questions... puisqu'il y en a très peu
- et ils préparent  eux-mêmes des questions pour qu'il y en ait quelques-unes car ils savent qu'il n'y en aura pas d'autres que les leurs.

Je caricature bien sûr et je généralise mais quand même, mes collègues, s'ils sont honnêtes, ne s'étonneront pas de ce que je dis ici.

Pourquoi évoquer tout cela ? Non pas pour me plaindre, car j'ai mieux à faire, mais bien plutôt pour alerter nos jeunes amis de ne pas se laisser aller à des postures convenues. Lever un coin du grand voile mérite qu'on consacre un temps infini, infiniment attentif à nos activités scientifiques. Les conventions sont hors de propos : ne les supportez pas !

vendredi 16 janvier 2026

Je ne comprends pas pourquoi il est si difficile de lutter contre cette dernière diapositive idiote que placent tant de conférenciers à la fin de leur présentation, et qui ne porte que ce message : " merci pour votre attention".

Cela fait des années que je lutte contre cette diapositive idiote qui termine les présentations orales et qui s'intitule "merci pour votre attention".

Quasiment chaque fois que je la vois, j'observe que les auditeurs n'ont pas parfaitement suivi, de sorte que c'est une sorte de reproche qu'on leur fait en réalité.
Et de toute façon, ce serait plutôt à eux de remercier l'intervenant des efforts qu'il a faits.

Surtout, ce "merci pour votre attention" est une convention irréfléchie et donc sans signification. Hors quoi de pire que de mettre un message qui n'a pas de sens ?

Dans un échange, on peut vouloir fermer la discussion ou, au contraire, l'ouvrir... et précisément, on voudrait l'ouvrir, le plus souvent.

Pourquoi donc ne pas terminer par des questions ? D'ailleurs, trop souvent, les présentations se terminent par des "conclusions", mais n'est-il pas plus enthousiasmant d'avoir des perspectives ?

En réalité, je sais hélas que des nombres de mes amis n'ont pas suffisamment réfléchi à la question et qu'ils se débarrassent paresseusement de cette espèce de conclusion, parce qu'ils n'ont pas cherché comment faire autrement et qu'ils ne le savent donc pas.

Nous, auditeurs, ne méritons-nous pas mieux qu'une convention paresseuse et idiote ?

lundi 28 octobre 2024

A propos d'aromates et de leurs usages

 Je lis à propos d'aromates :


La mélisse citronnelle s'harmonise bien avec les plats de poisson, les volailles, les légumes grillés, et les sauces légères à base de citron. Sauces et marinades : Les feuilles de mélisse peuvent être utilisées pour aromatiser des sauces et des marinades, apportant une note de fraîcheur citronnée.

La menthe est utilisée dans différents cocktails, dans les infusions et dans certains plats. (Taboulé, rouleaux de printemps, tzatzíkis, jus de rôti d’agneau, etc.)

Romarin : il est utilisé dans les bouquets garnis, dans les plats à base de lapins, le poisson, etc.

Origan : cette herbe aromatique phare de la cuisine méditerranéenne, en particulier italienne, accompagne tous les plats à base de tomate : pâtes, pizzas, salades de tomates… L'origan séché rajoute un réel plus sur vos grillades, sur des légumes ou des pommes de terre au four, dans une salade ou dans une marinade.

Monarde : sert à parfumer les infusions ou le thé, mais on peut aussi ajouter les feuilles avec parcimonie dans les salades. Ses belles fleurs rouges accompagnent les salades de fruits, les glaces ou différents desserts.

L'hysope a une saveur intense ce qui en fait un ingrédient prisé dans la cuisine méditerranéenne depuis des siècles. Elle ajoute une saveur herbacée et légèrement mentholée aux soupes, aux sauces, aux ragoûts et aux plats de viande.

L'oseille est utilisée notamment : oseille braisée à la crème ; bouillon, jus d’oseille ; œufs, omelette, veau à l'oseille et avec le poisson.

Verveine : elle se déguste notamment dans le taboulé, dans un gaspacho, en tisane.

Laurier : On l’utilise dans les fricassées, dans les plats en sauces, les bouquets garnis, les marinades.

Et je trouve tout cela à la fois arbitraire, conventionnel, non sourcé (donc pas fiable), limité en un mot.

Commençons avec la citronnelle, qui s'harmoniserait avec du poisson. Pourquoi pas, mais pourquoi ? Parce que des populations asiatiques (thai, par exemple) font du poisson citronnelle ? Ne prennent-ils pas ce qu'ils trouvent chez eux ? Et pourquoi, puisqu'il y a une fraîcheur citronnée, ne pourrions-nous l'utiliser avec des crustacés, mais, aussi, avec du veau (on met bien du citron dans l'osso bucco, si l'on veut rester dans la tradition) ? Mais, au fait, la tradition ne vaut rien... que la tradition. Pourquoi ne pas utiliser la citronelle avec des tomates, des radis, des courgettes, du boeuf, de l'agneau ? Rien ne l'interdit, et c'est à  nous de composer quelque chose qui nous convienne.

La menthe dans différents cocktails ? Mais, passé une certaine anglophobie qui confond l'usage des ingrédients et des modes de cuisson pas toujours maîtrisé, pourquoi pas de l'agneau avec de la menthe, du poisson avec de la menthe, de la menthe dans les salades, avec des carottes, et, plus généralement, avec ce que l'on veut ? Là encore, la convention et la tradition ne sont que convention et tradition. Au fait, oui, les Grecs utilisent la menthe dans les tzatzikis... mais alors ?  

Le romarin dans les bouquets garnis ? Oui, certes, mais pourquoi l'y mettre ? Qui a commencé et pourquoi ? Avec du lapin : pourquoi pas, puisque la Provence le fait, mais pourquoi pas avec de la volaille ?

Et ainsi de suite  : on comprend que les usages avérés dans le temps ou dans l'espace n'ont pas de légitimité particulière : pas plus que le fa dièse ne s'imposerait dans une sicilienne ou dans une symphonie. La question, la vraie question est : que voulons-nous faire sentir et pourquoi ? J'ai bien peur que l'art culinaire n'ait jamais posé cette question !