mardi 3 octobre 2017

Ai je bien annoncé ceci ?

Parution de mon nouveau livre (mon meilleur) : un traité de la joie de vivre !


Le terroir à toutes les sauces !



Le terroir à toutes les  sauces

Hervé This,  l’inventeur de la gastronomie  moléculaire, met en scène le petit théâtre  des passions culinaires dans un roman  pétillant –avec 100 recettes!


Ah,  la  cuisine  de  terroir  !
Son  «  authenticité  »,  ses  racines et ses  adorateurs  vigilants ! Mais qu’est-ce  que  le  terroir,  la  cuisine  de  terroir  ?  Derrière  le  marketing, quelle réalité aujourd’hui, à l’heure de l’industrialisation et de la mondialisation des productions agro-alimentaires ?


Hervé This, scientifique de renommée internationale, lève  le rideau sur le  petit théâtre  des  passions  culinaires  françaises  dans  ce
roman  plein  de  finesse, célébration  des  plaisirs  partagés  de  la  table.  Des  gourmands débattent  avec  fièvre et humour des  mille et une  variantes de  leurs plats préférés. «La cuisine, c’est  d’abord  du  lien  social,  ensuite  de  l’art,  et seulement   après   de   la technique», dit notre chimiste-romancier.
Ses réflexions sur le terroir valent pour toutes les régions,
et s’il nous invite à des  travaux pratiques gourmands avec 100 recettes de sa région d’origine, l’Alsace, c’est de l’universalité  de  la  cuisine  dont  il  est  question.  Ses  recettes
à  lui  sont d’aujourd’hui etréinventent celles d’antan:  il
rappelle  les  bases,  présente  des variantes et des trucs (avez-vous déjà cuit un  foie gras dans un lave-vaisselle... ?),
dévoile  des  tours  de  main  et  les  mystères  de  la  technique,  et incite  chacun  à  expérimenter, à personnaliser. Les recettes, proclame notre enchanteur, ne sont  pas   faites   pour   être   suivies   à   la   lettre,   elles   gagnent   à   être   pensées   et  interprétées, comme on interprète des partitions en musique.
Voilà donc un  traité de joie de vivre et  de philosophie gourmande, transformé en  un  pétillant roman, qui est aussi un livre de recettes.


HERVÉ  THIS
Physico-chimiste  Inra à AgroParisTech, membre de l’Académie d’agriculture  de  France,  inventeur  de  la gastronomie  moléculaire,  de  la  cuisine moléculaire (faire des mousses au chocolat sans œuf...) et de la cuisine note à note.  Auteur  de  nombreux ouvrages,  tant  pour  les  scientifiques que  pour  les gourmands.

Un livre à paraître le 5 octobre 2017
La Nuée Bleue
En coédition avec  Place des Victoires
16 x 21 cm, 256 pages Broché,
25 €
Avec des dessins de Roland Perret
ISBN : 978-2-8099-1434-4
Diffusion: Interforum
Contact Presse: Mathilde Reumaux
03 88 15 77 27-06 81 35 63 56
mathilde.reumaux@editions-quotidien.fr




bonne lecture !

Le moi est haissable

Mais il faut bien que je me console de ce que je n'aurai jamais le prix Nobel (sutor non supra crepidam).

Voici le discours prononcé par le Professeur Dan Vodnar,  le Vice Recteur de l'Université des Sciences Agronomiques et Vétérinaires de Cluj-Napoca (Roumanie) :






Texte du Recteur en charge de la recherche de l'Université des sciences agronomiques et vétérinaires de Cluj-Napoca, à l'occasion de la remise d'un Doctorat Honoris Causa à Hervé This 

Monsieur le Recteur
Messieurs les Membres du Sénat
Mesdames et Messieurs
Chers Collègues
Cher Professeur Hervé This 

Je suis honoré de présenter aujourd'hui, au nom de l'Université des sciences agronomiques et vétérinaires de Cluj-Napoca, les éléments les plus importants de l'impressionnante carrière professionnelle du savant professeur distingué, qui a révolutionné le domaine des sciences des aliments et de la gastronomie, le professeur Hervé This. 

Surnommé le "père de la gastronomie moléculaire", Hervé This est le chercheur qui a rénové le concept de gastronomie, avec son camarade le physicien anglais d'origine hongroise Nicholas Kurti, en proposant le concept de "gastronomie moléculaire". 

Monsieur This est la personne enthousiaste et chanceuse qui a trouvé le secret pour éradiquer la faim, en proposant une solution à une possible crise alimentaire, dans le contexte d'une croissance démographique de plus de deux milliards de personnes jusqu'à 2050. Ce secret se cache dans une valise en cuir marron que Monsieur This porte avec lui partout dans le monde. Son contenu, des bouteilles de diverses poudres dont il mélange plusieurs cuillères, avec de l'eau, de l'huile, en chauffant un peu. Et, ainsi, il obtient, par exemple, des crèpes au goût de viande et de pommes de terre ! 

Offrir le titre de Doctor Honoris Causa, la plus haute distinction qui puisse être décernée par l'Université des sciences agronomiques et vétérinaires de Cluj-Napoca, représente une reconnaissance explicite du prestige professionnel, scientifique et académique du lauréat d'aujourd'hui, après une carrière de plus de 30 années consacrées à l'étude de la gastronomie moléculaire, Hervé This ayant par ailleurs commencé à faire des expériences de physique chimique dès l'âge de 6 ans, dans son laboratoire personnel, à la maison. 



Dans ce contexte, permettez-moi, au nom de toute la communauté universitaire, de présenter quelques éléments saillants de la biographie de Monsieur This. 


Hervé This, vo Kientza, est né le 5 juin 1955 à Suresnes, en Fance, de parents médecins et psychanalystes. Hervé This est un chimico-physicien de renommée mondiale, qui travaille à l'Institut national de la recherche agronomique (Inra), mais il est aussi professeur à AgroParisTech, et le directeur du Centre international de gastronomie moléculaire.
Son domaine de recherche scientifique est la gastronomie moléculaire, c'est-à-dire la science qui cherche les mécanismes des phénomènes qui ont lieu lors des transformations culinaires. 

Ayant commencé ses explorations physico-chimiques des "précisions culinaires" en 1980, il a créé en 1988, avec Nicholas Kurti, une nouvelle discipline scientifique : la gastronomie moléculaire. Simultanément, à partir de 1980, il a promu une rénovation des techniques culinairs, ce qui a engendré le courant culinaire qu'il a nommé "cuisine moléculaire", en 1999. Entre temps, il a identifié plusieurs autres applications de la gastronomie moléculaire, et notamment les courants culinaires qu'il a nommé "constructivisme culinaire", "cuisine abstraite", et "cuisine note à note", cette dernière étant présentée pour la première fois dans un article publié dans la revue Scientific American en avril 1994. 

En 1995, l'Académie des sciences, en France, lui a proposé de soutenir son doctorat sous le titre "La gastronomie moléculaire et physique, devant un jury comprenant Jean-Marie Lehn (prix Nobel de chimie), Pierre Gilles de Gennes (prix Nobel de physique), Pierre Potier, Nicholas Kurti et Georges Bram, notamment. 

La même année, Jean-Marie Lehn l'invite à faire ses recherches de gastronomie moléculaire dans le Laboratoire de Chimie des Interactions Moléculaires, au Collège de France. Puis, en 1999, il passe son habilitation à diriger des recherches à l'Université Paris XI, Orsay. 

En 2000, après la publication de son livre La casserole des enfants, le ministre français de l'Education nationale, Jack Lang, lui a demandé de mettre au point les "Ateliers expérimentaux du goût" dans les écoles primaires, afin de sensibiliser ces enfants à la gastronomie et à l'alimentation. Ces programmes éducatifs ont été testés dans l'Académie de Paris, et ont été officiellement lancés en 2001 ; puis ces ateliers ont été suivis, en 2004, d'autres programmes pour les collèges et les lycées. 

En 2004, le ministre français de Petites et Moyennes Entreprises lui a demandé de contribuer à la création de l'Institut des Hautes Etudes du Goût, de la Gastronomie et des Arts de la Table, en relation avec l'Université de Reims Champagne Ardennes, dont il a été nommé président du Comité pédagogique. En avril 2006, alors qu'il transférait son laboratoire à AgroParisTech, où il a été nommé professeur associé, l'Académie des sciences l'a invité à constituer la Fondation Sciences & Culture Alimentaires, dont il a été nommé directeur scientifique. 

En 2014, il a contribué à créer le Centre international de gastronomie moléculaire AgroParisTech-Inra, dont il a été nommé directeur. Le même jour, il a annoncé la création du Free Open International Journal of Molecular Gastronomy. Depuis 2012, il organise les Concours internationaux de Cuisine Note à Note. 

Il a également créé les Cours de gastronomie moléculaire d'AgroParisTech, des cours gratuits, non dipômants, qui restituent les travaux annuels, sur un thème nouveau chaque année. 

Membre d'honneur de diverses académies culinaires, président de la Section alimentation humaine de l'Académie d'agriculture de France, membre de l'Académie de Stanislas, membre de l'Académie européenne des sciences, des arts et des lettres, Membre de l'Académie royale des sciences, des arts et des lettres de Belgique, il a reçu de nombreux prix et distinctions. Hervé This est officier dans l'Ordre des arts et lettres, officier dans l'Ordre du mérite agricole, officier dans l'ordre des palmes académiques et chevalier dans l'Ordre de la légion d'honneur. 


Une grande partie de son activité d'enseignement et de recherche a conduit à la publication de 17 livres, dont beaucoup ont été traduits dans les principales langues du monde. Il a publié plus de 140 articles scientifiques en tant que premier auteur. 

Aujourd'hui, alors que sa passion et sa principale activité restent la gastronomie moléculaire, il promeut activement la "cuisine note à note", qui est une forme de cuisine où les mets sont produits à partir de composés
purs au lieu d'utiliser des fruits, légumes, viandes ou poissons... On s'attend à ce que cette forme de cuisine s'impose dans le monde entier. 

La collaboration avec notre université est récente, mais Hervé This est aussi éditeur associé du Bulletin de l'USAMV, récemment indexé dans le Web of science. Son esprit novateur et la passion débordante qui anime Monsieur Hervé This nous a conduits à introduire des cours de gastronomie moléculaire dans le programme de Master de Gastronomie, nutrition et diététique, de la Faculté des sciences et technologies des aliments. 

Et parce que... "il faut s'amuser à faire des choses passionnantes", comme Hervé This dit, nous devons ces idées novatrices et révolutionnaires d'utiliser des composés dans la confection des aliments, au lieu d'ingrédients auxquels nous sommes habitués, tout en conservation une valeur nutritionnelle, dans une perspective durable, avec moins de toxicité, et duquel dépend la survie à long terme d'une population mondiale croissante. 


Par conséquent, cela nous est un devoir d'honneur et une occasion de reconnaissance que, aujourd'hui, à l'occasion du 25e anniversaire de la Faculté des sciences et technologies alimentaires de l'USAMV Cluj, d'offrir à Monsieur le Professeur Hervé This la distinction de Doctor Honoris Causa de l'Université des sciences agronomiques et vétérinaires de Cluj-Napoca, comme signe de reconnaissance de ses grands mérites dans les activités scientifiques et académiques, notamment dans la perspective d'initier de nouvelles orientations dans l'avenir d'une alimentation durable. J'espère, Monsieur le Profeseur, avoir dorénavant de futures collaborations fructueuses, et, pourquoi pas, le plaisir de développer, dans notre université, un nouveau pôle de gastronomie moléculaire.

dimanche 1 octobre 2017

Boris Vian

Le livre de Thieri Foulc et Paul Gayot sur Boris Vian et la 'Pataphysique (le livre de poche) me fait souvenir que, jeune adolescent, j'avais adoré les textes de Boris Vian : L'écume des jours, l'Automne  à Pékin, mais aussi ces "Vernon Sullivan" qui était écrit sous un nom d'emprunt, et jusqu'aux textes présentés dans Les vies parallèles de Boris Vian.
Puis j'ai grandi et je suis devenu snob. L'humour un peu potache de Boris Vian m'a fait penser que c'était de la "petite littérature", qui ne valait pas Flaubert, et encore moins Rabelais.

Aujourd'hui, alors que je relis Vian, je le vois rapide, certes, mais frais, vif, rapide, inventif, intelligent...
Tiens, dans ses Chroniques de Jazz, je trouve, par exemple :
Au fond, les hypocrites finissent toujours par emmerder les autres.
Ou bien :
Et ça n'empêche sûrement pas les assassins  de dormir. Dans tous les pays du monde, les assassins ont le sommeil lourd. 
Et encore :
Je suis simplement prétentiophobe. 

Voilà, pas de quoi avoir le prix Nobel de littérature, mais du texte rapide et rafraîchissant de vivacité. Je relis Boris Vian avec plaisir.

samedi 30 septembre 2017

En substance...

De retour de l'Université des sciences agronomiques et vétérinaires, où j'ai eu l'honneur de recevoir un doctorat honoris causa, je suis heureux de vous livrer ce que mes collègues ont utilisé :



Hervé This, vo Kientza (Kientza, born 5th June 1955), chemical physicist at INRA and Professor at AgroParisTech, is now (mainly) the Director of the AgroParisTech-INRA International Centre for Molecular Gastronomy, in Paris.


After studying at the Ecole Supérieure de Physique et de Chimie de Paris (ESPCI ParisTech, 1976-1980) but also at University Paris IV (modern litterature), he began his career in 1980 at the scientific journal Pour la Science, the French Edition of Scientific American, as an editor of the journal and of scientific books at the Belin Publishing Company.
At about the same time (16 March 1980), he began his research in Molecular Gastronomy in the personal laboratory that he had at home since the age of 6.
As early as 1980, he also proposed also a modernization of culinary activities (after 1999, this was called “Molecular Cooking” and “Molecular Cuisine” respectively for the technique and the style).
For years, he did his research alone while pursuing is scientific communication activity, as a deputy editor, then the editor of Pour la Science. For all these years, he was also collaborating to the radio channel France Culture, and was Scientific Director of the scientific TV series Archimedes (Arte) and Pi=3.14 (France 5).

In 1986 he met the English Hungarian-born physicist Nicholas Kurti (1908-1998), with which he created the scientific discipline called Molecular Gastronomy in 1988. Together, they created the International Workshops on Molecular and Physical Gastronomy in the Ettore Majorana Centre (Erice, Sicily).
He began giving invited seminars of Molecular Gastronomy, the first being in the physics department of the Ecole normale supérieure de Paris, France.

In 1995, he was asked by the French Academy of Sciences,to defend a PhD on La gastronomie moléculaire et physique, which he did in front of a jury including Jean-Marie Lehn (Nobel Prize 1987), Pierre Gilles de Gennes (Nobel Prize 1999), Pierre Potier and others.

In 1996, he was invited by Jean-Marie Lehn to conduct his research at the Laboratoire de Chimie des Interactions Moléculaires, of the Collège de France.

In 2000, he was asked by Guy Ourisson, then president of the Academy of sciences, to defend his habilitation to head research, which he did at the University Paris Sud -Orsay, in front of Etienne Guyon, then head of the Ecole Normale Supérieure, Xavier Chapuisat, the president of the university, Guy Ourisson, Alain Fuchs (now president of CNRS) and the French chef Pierre Gagnaire.
He moved to this lab at the Collège de France full time in 2000, being appointed by INRA.
In April 2006, while he was moving his lab to AgroParisTech, he was given a professorship at the University, and the French Academy of Sciences asked him to create Fondation Science & Culture Alimentaire, of which he was appointed the Scientific Director.
And in 2014, he was asked by Inra and AgroParisTech to create the AgroParisTech-Inra International Centre for Molecular Gastronomy.
Since 2000, Hervé This has been frequently requested by French Ministries to develop projects: new curricula for teaching culinary practices, new ways of teaching science in schools and in colleges, creating an Advanced Studies Institute for Gastronomy… Member of many committes, he runs monthly Seminars of molecular gastronomy and Courses on Molecular Gastronomy, delivering many lectures all around the world. He writes regular columns in journals, and he is the author of many books. Since 2016, he is the creator and editor of the scientific journal N3AF of the French Academy of Agriculture.

Honorary member of various culinary Academies, president of the Food Section of the Académie d’Agriculture de France; Member of the Académie de Stanislas; Member of the Royal Academy of Sciences, Arts and Letters of Belgium; Member of the European Academy of Science, Arts and Letters, he is the recipient of many awards such as the Franqui professorship (University of Liège), the Grand Prix des Sciences de l’Aliment by the International Association of Gastronomy, and his was received as Doctor Honoris Causa of the University of agronomical and veterinary sciences of Cluj-Napoca (Roumania) in 2017. Hervé This is Officer in the Ordre des Arts et Lettres, Officer in the Ordre du Mérite Agricole, Officer in the Ordre des Palmes Académiques, and Knight in the Order of the Légion d’Honneur. He wrote 18 books, many of them being translated in all the major language of the world.
Right now, while his passion and main activity is still molecular gastronomy, he is also actively involved in the promotion of Note by Note Cuisine, as the next big global culinary trend.


Merci à mes collègues roumains pour leur accueil !

Dans la famille "politiquement incorrect"

Je n'oublie pas ce qui a été écrit à propos des infatigables, mais quand même, je ne peux m'empêcher de vous livrer ce petit calcul :

Soit une personne qui travaille 35 heures par semaine, 47 semaines par an, pendant une carrière de 40 ans. Le nombre total d'heures de travail dans un vie serait 65800.

Cette personne (qui n'aime pas beaucoup son travail puisqu'elle fait le minimum) passe du temps à ne pas l'exercer (tâches administratives, pauses, discussions avec des collègues, arrêts de travail...), ce qui réduit son temps effectif d'un facteur deux (en réalité, j'ai fait des statistiques, et ce serait plutôt 3, mais soyons charitable) : 32900 heures.

Comparons avec quelqu'un qui aime beaucoup son travail, et fait donc 105 heures par semaines, pendant 52 semaines par an, toujours sur 40 ans de carrière. Cette fois, le nombre maximal d'heures serait  218400.
Le rapport entre les deux valeurs trouvées est 312/4, soit une avance de   225.5319149 années.

Oui, plus de deux siècles d'avance !

Un tel calcul (juste) est politiquement incorrect, mais il explique quand même pourquoi certains étudiants sont en avance par rapport à d'autres : si l'on compare les capacités mathématiques de deux étudiants d'égale intelligence, on voit que, de la Sixième à la Terminale, soit sept ans d'études, on
peut avoir soit sept ans d'études, soit pour certains, un avance de presque un demi siècle : pas étonnant que quelques uns semblent "géniaux" !


Décidément, le génie est un long travail !

Enfin !

Et voici ce que je diffuse aujourd'hui : http://gastronomie-moleculaire.blogspot.fr/2017/09/nous-y-sommes.html


Si je compte bien, il m'aura donc fallu 23 ans pour y arriver !

dimanche 24 septembre 2017

Evaluations numériques

Un journaliste écrit "J'étais chez une pote prof d'anglais qui corrigeait des DM. Je l'ai aidée à trouver les url des copier-coller. Avalanche de zéros. On a ri."

Il a ri, cet homme ? Et pourquoi ? Parce que, au fond, que demandait le devoir ? Des choses justes. Qu'ont fait les élèves ? Produit des choses (possiblement) justes, en utilisant des sources. Or qu'ont fait les universitaires depuis toujours ? La même chose. Les élèves auraient-il dû mélanger des sources pour faire quelque chose de "personnel" ? Et pourquoi, si le mélange arrive à moins bien ?

Tout cela me rappelle des réunions pédagogiques où étaient discutés des logiciels anti-plagiat : j'avais alors dit bien clairement que je ne voulais certainement pas de personnel, pour des travaux scientifiques autres qu'expérimentaux : je voulais des phrases tirées d'articles récents, de bonne qualité, assorties de références. De sorte que j'aurais plutôt utilisé les logiciels anti-plagiat... pour l'inverse de leur nom : plus un document aurait été plagié, moins il y aurait eu de personnel, et plus l'évaluation aurait été bonne.
Et puis, "personnel"... Croit-on vraiment que cela ait beaucoup d'intérêt ? Assez avec ce culte de la petite personne ignorante qui étale ses certitudes avec une complaisance veule. Nous ferions mieux de revendiquer que les élèves se donnent la peine aillent chercher des informations de bonne qualité, qu'ils apprennent à citer leurs sources avant toute chose, qu'ils apprennent à évaluer ces sources, puisque chacun écrit n'importe quoi sur internet (mais nous sommes d'accord, il y a également toujours eu de mauvais écrits, des auteurs minables et des éditeurs pourris, à côté d'auteurs remarquables et d'éditeurs responsables).

Prenons un peu de recul. Que peuvent chercher des élèves ?
Des informations : sans beaucoup d'intérêt, puisqu'on les trouve dès qu'on les cherche.
Des notions et des concepts : ce sont des outils de la pensée, et il me semble que les études doivent conduire à les découvrir, à en connaître l'existence à défaut d'en donner le maniement, puisque ce sera difficile de les chercher si on ne sait pas qu'ils existent.
Des méthodes : elles sont essentielles, comme je l'ai répété dans d'innombrables billets. Et j'appelle de mes voeux la création d'une "base de méthodes", notamment pour la science (cela se distingue un peu des "bonnes pratiques" que je discute régulièrement sur http://www.agroparistech.fr/-Les-bonnes-pratiques-scientifiques-.html).
Des anecdotes : un peu de chair autour des os, cela met de la joie.
Des valeurs : essentiel, n'est-ce pas ? C'est le sens de tout ce travail des études, la raison d'être des professeurs qui ne se réduisent pas à ces "enseignants" dont je ne veux pas entendre parler.

 Terminons sur une note très positive : l'avènement du numérique est un espoir extraordinaire, parce que nous avons la possibilité de changer des méthodes pédagogiques pour le mieux. Nous avons la possibilité de faire disparaître ces tableaux noirs qui conduisent le professeur à tourner le dos aux élèves; nous avons la possibilité d'aider nos jeunes amis à apprendre par eux-mêmes ; nous avons la possibilité de migrer vers des relations différentes, entre les professeurs et les étudiants, centrées sur le but essentiel de toute cette affaire : la question n'est pas pour des enseignants d'enseigner leur savoir toujours insuffisant, mais bien plutôt d'aider les étudiants à apprendre.
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