mercredi 25 mars 2026

Pour apprendre la "cuisine"

 Un jeune cuisinier en formation m'interroge à propos de sa formation de cuisinier.

Je  ne crois pas donner un mauvais conseil en répondant qu'il y a différents types de cuisine et qu'il faut choisir le type que l'on souhaite (quitte à changer éventuellement).

Il y a des possibilités :
- d'artisanat,
-  d'artisanat d'art,
- d'art.

L'artisanat, c'est cette cuisine bien faite, sans nouveauté particulière,  mais qui répond à des besoins nombreux, quotidiens : le
déjeuner du midi hors domicile, par exemple.
Chacun sait, par exemple en allant chez son boulanger, chez son charcutier, et cetera,  que
l'artisanat peut être bien fait ou mal fait, et chacun sait aussi que l'artisanat bien fait attire le chaland  : il y a des queues devant
les boulangeries ùu le pain est bon.
De même, il y a de bons petits restaurants que l'on préfère aux moins bons, des endroits où le
plat du jour est régulièrement plaisant, où l'ambiance est agréable...

L'artisanat d'art a une ambition un peu différente,  avec plus d'expression, en quelque sorte plus de recherche, plus de
changement.
Là, il s'agit de faire très bien, très beau, et ce type de cuisine se pratique dans des restaurants qui commencent à recevoir des
bib gourmands ou des étoiles.

Enfin il y a le véritable art culinaire, qui ne
s'embarrasse pas de répétition, qui est tout entier dans la recherche d'expression, d'émotion. Pas certain que, à court terme, il soit financièrement un succès, mais en tout cas, à terme, son originalité intéresse les Gourmands amateurs d'art culinaire.  

 

Je croise cette première présentation avec l'observation que j'avais faite il y a déjà longtemps et dont j'avais fait un livre intitulé La cuisine, c'est de l'amour, de l'art, de la technique.

Faire cette observation conduit à apprendre l'amour, l'art, la technique, afin de les mettre en œuvre dans l'activité culinaire que l'on aura choisie.

A propos de l'amour, tout d'abord : bien sûr, on peut aimer naïvement les convives que l'on nourrit, mais il n'est pas interdit d'y penser un peu et de consulter ceux qui ont pensé par avant, qui ont analysé la question de l'amour, disons du lien social.

Pour l'art, il y a des écoles, et je pense notamment à celle du Bauhaus qui réunissait des personnalités tout à fait extraordinaires et qui réfléchissaient de façon  pluridisciplinaires.
Il faut en tout cas dépasser les œuvres en sucre tiré, en chocolat, sortes de sculptures où la question du bon est trop souvent oubliée au profit du beau à voir. Dans un tel cas, cesont des perversions de l'art culinaire, et il faut donc les dénoncer comme telles (ce que je fais ici ;-) ).

Enfin il y a la technique qui ne peut se limiter à de la reproduction. Je maintiens que l'on fait mieux ce que l'on comprend,  et je comprends aussi, maintenant,  que, si je veux rendre service,  j'aurais intérêt à analyser des questions techniques pour mes amis qui veulent comprendre. Je vais le faire davantage.

mardi 24 mars 2026

Je ne comprends pas la résistance au changement.

Bien sûr, il y a lieu d'être prudent. Mais quand on me donne une technique qui me permet de faire mieux et plus vite ce que je faisais par le passé, pourquoi refuserais-je ?

Je sais que parfois, l'usage d'un nouvel outil nécessite un apprentissage et cela peut-être parfois long, ce qui nous rebute si nous sommes pressés.

Mais n'y a-t-il pas lieu de commencer à faire une analyse entre les avantages et les inconvénients d'un nouvel outil, de s'interroger sur le temps nécessaire à la maîtrise de ce  nouvel outil et le temps qui serait gagné par son emploi ?

J'ai eu la question ce matin avec un doctorant en phase de rédaction de son manuscrit de thèse, alors que je le voyais faire tout ce qu'il ne faut pas faire : dactylographier au kilomètre et ensuite tout remanier.

Initialement, je lui ai donné un conseil superficiel mais indispensable, qui consiste à ajouter à la fin de chaque paragraphe une phrase qui explique pourquoi on passe au paragraphe suivant, et mettre au début de chaque paragraphe une phrase qui explique qu'on va trouver dans le paragraphe. 

Ce n'était pas inutile, mais bien insuffisant : j'ai aussitôt évoqué la méthode 1/3/9/27, par laquelle il n'y a pas de la rédaction mais seulement de la structuration, garantie que le document sera bien conçus, et ...  structurés.

Mais tant qu'à faire, si nous avons des idées, pourquoi passer du temps à les dactylographier alors qu'il suffirait de les dicter avec un de ces systèmes qui transforment la voix en texte ?

Le doctorant a donné 1000 mauvaises raisons  : dactylographier lui donnerait le temps de réfléchir, il y aurait des "euh, euh" à corriger, il ne sait pas la structure de son document à l'avance... et c'est bien ça le problème : je suis certain que son document sera mal structuré et qu'il passera des jours à faire ce qu'il aurait pu faire très rapidement.

Dans ce cas, le temps nécessaire à l'apprentissage de l'outil ? Zéro. Le gain ? J'ai mesuré expérimentalement que recopier à la main était deux fois et demie plus long qu'en dactylographiant... à condition de taper très rapidement. Mais, même pour quelqu'un qui dactylographie rapidement, la dictée est bien plus rapide. 


Bref, je ne comprends pas la résistance de mon jeune ami.

lundi 23 mars 2026

Il n'est pas exact que toutes les expériences que font les scientifiques soient faites en vue de tester une hypothèse.

Si l'on reprend la démarche des sciences de la nature, avec d'abord le choix d'un phénomène à étudier, puis sa caractérisation quantitative, puis la réunion des résultats de mesure en équations, puis le groupement des équations en une théorie, avant que cette celle-ci soit testée expérimentalement, on voit que le test de l'hypothèse n'intervient qu'à  la fin.
En effet, il faut d'abord avoir bien testé bien identifié le phénomène que l'on veut d'étudier et cela passe par les caractérisations numériques, qui ne sont pas des tests d'hypothèse.

Bien sûr on peut tordre le bras à l'idée que je viens d'énoncer et dire que, dès le départ, on va tester si le phénomène est bien celui qu'on pense, mais en réalité il ne s'agit pas de ça : il s'agit simplement de caractériser quantitativement le phénomène pour avoir du grain à moudre ensuite.

Évidemment, on ne caractérise pas au hasard et l'on se focalise sur les caractéristiques du phénomène qui peuvent donner des informations susceptibles de contribuer à la théorie que l'on veut édifier.
Par exemple si l'on veut comprendre le bleu du ciel au-dessus de montagnes, alors il ne sera pas prioritaire d'aller mesurer la pente de la montagne en fonction de l'altitude et c'est bien sur le bleu du ciel qu'il faut d'abord se concentrer.

Je prends un exemple précis à propos du travail expérimental que nous avons fait au cours des années passées, notamment l'étude d'une différence de couleur entre des bouillons confectionnés dans un chauffe ballon ou dans un bain d'huile. Le bouillon qui était dans le chauffe-ballon était orange et celui qui était dans le bain d'huile était brun. Il y avait donc là un phénomène.

Pour l'étudier, nous l'avons caractérisé : nous avons mesuré la couleur des deux bouillons, après avoir répété l'expérience. Pas d'hypothèse, à ce stade.

Dans ce cas précis, comme les bouillons avaient été faits avec la même carotte, dans la même eau distillée et que seul changeait le système de chauffage, nous avons refait des bouillons dans des chauffes ballon identiques et cette fois les couleurs étaient des identiques. Toujours pas d'hypothèse, mais la volonté d'une confirmation.

Puis nous les avons refait les expériences dans des bains d'huile identiques et cette fois les couleurs étaient également identiques, et différentes de celles du chauffe ballon,  de sorte que c'est ainsi que nous avons pu nous interroger et nous demander si c'était la lumière qui était responsable du phénomène. Là, effectivement, il y a eu une idée à tester.

Nous avons donc refait des bouillons dans le même dispositif de chauffage mais soit avec un
éclairage, soit avec du papier d'aluminium, et nous avons confirmé qu'il y avait une différence selon l'éclairage : là nous testions effectivement une hypothèse.

Mais, mesurant l'évolution de la couleur, nous avons observé que, dans un espace de couleurs, les points  de couleur se répartissaient sur une spirale. Là, pas d'hypothèse.

Et c'est ensuite que nous avons cherché comment une telle courbe pouvait apparaître. Il a fallu de l'analyse, et non pas des tests d'hypothèse, pour des expériences numériques.

Et nous avons imaginé deux possibilités : soit la libération d'abord d'un composé d'une couleur puis, ensuite, la libération d'un composé d'une autre couleur, soit la libération d'un composé d'une couleur, avec cette couleur qui qui évoluait au cours du temps et du traitement thermique.

Cette fois-ci, le travail de modélisation nous a conduit à une question, plutôt qu'une hypothèse.

Bref, je ne pense pas qu'il y ait lieu de se raccrocher à cette question incessante de l'hypothèse. Je propose plutôt de nous raccrocher constamment à la démarche scientifique que j'ai évoquée précédemment

A propos de dioxines

Je lis sur le site du Canton de Vaud : https://www.vd.ch/environnement/sols/pollution-des-sols-aux-dioxines/recommandations-sanitaires/detenteurs-de-jardins-potagers :

Les cucurbitacées présentent les caractéristiques d’accumuler les dioxines dans leur peau et leur chair. Cette famille de légumes comprend les courgettes, les cornichons, les courges, les concombres, les pâtissons, les melons, etc.

Il est donc recommandé aux usagers de jardins potagers de limiter la consommation de cucurbitacées à 100g par personne et par semaine dans les périmètres présentant une pollution potentielle de classe II et III et de ne pas en consommer pour les classes IV et V (se référer à la carte diffusée sur le guichet cartographique cantonal). Si les cucurbitacées ne peuvent pas être consommées, elles doivent être éliminées dans les sacs-poubelle officiels destinés à la valorisation thermique (sacs blancs taxés). Elles ne doivent pas être placées dans les installations de compostage ou de méthanisation, ni dans les composts privés afin de ne pas diffuser la pollution.

Autres végétaux

L’accumulation de dioxines chez les autres végétaux est considérée comme faible. Toutefois, à partir de la classe III (se référer à la carte diffusée sur le guichet cartographique cantonal), il est recommandé d’éplucher les légumes-racines.

dimanche 22 mars 2026

Tout "quantifier" : la science, ce n'est pas un récit avec seulement des mots

 Alors que je rédige un nouveau livre, plutôt pour un public académique, je m'aperçois que je n'ai pas assez mis en œuvre ce conseil de tout théoriser, et notamment tout quantifier.

Tout théoriser, tout quantifier, cela signifie à la fois considérer des données quantitatives, telles que la taille des particules dans la farine, mais aussi introduire des symboles mathématiques et des équations pour la partie algébrique.
 
 Pour la partie chimique, la "quantification" prend un aspect différent : il s'agit de représenter la
formule de chaque composé que l'on cite, et, si possible, de la représenter avec des précisions quantitatives : les doublets libres d'électrons, la sphère de van der Waals, le log(P), et cetera.

Avec ces caractérisations quantitatives, il ne s'agit pas de jouer au singe savant, ce n'est pas une question de communication qui est envisagée, mais bien une question de contenu intellectuel : je maintiens absolument que le quantitatif nous porte, et nous fait attendre des régions qui auraient été inaccessibles autrement

samedi 21 mars 2026

Comment calculer ? Rationnellement, simplement, efficacement

Je vois bien, avec les étudiants de master en chimie
ou en biologie, que le calcul n'est pas toujours leur fort.

Mais je vois aussi qu'il y a lieu de les aider, en leur proposant  de mettre en œuvre une démarche rationnelle, simple, efficace

C'est pour cette raison que je viens de terminer un podcast qui présente une sorte de moule, de cadre,  que l'on utilise pour effectuer des calculs en ayant
quelque chose de succès.

Je ne m'adresse pas à ceux qui calculent comme
chantent les rossignol, mais à ceux qui ont envie d'apprendre et qui pourront commencer ainsi, simplement, méthodiquement, avant de recourir
à des méthodes qui seront les leurs, qu'ils auront d'imaginées, testées, inventées.

J'observe aussi, faisant ce podcast, que la démarche proposée est d'une simplicité enfantine : il suffit de suivre les conseils un à un, de suivre ces conseils très simples à mettre en oeuvre... et l'on arrive  à la fin du calcul sans encombre je vous recommande ce podcast sur YouTube : 

https://www.youtube.com/watch?v=FMjCeDNbxow

 

Esprit critique, où es-tu ?

 

Je trouve une phrase complètement imbécile : « Seuls les instants où nos critiques et nos jugements se taisent sont des instants de connaissance ».

Vous avez dit "esprit critique" ?