Je lis cette précision culinaire... dont je doute :
« Une salade défraîchie. Votre salade verte restée trop longtemps au réfrigérateur à mauvaise mine ? Trempez-en les feuilles dans l'eau chaude, puis rincez abondamment à l'eau froide. Elles devraient retrouver leur croquant et présenter un meilleur aspect. »
Comme souvent, on est tenté de plonger directement dans l'expérience qui consisterait à juger directement s'il y a un meilleur aspect. Mais le mot "meilleur" est un mot subjectif, d'une part, et, d'autre part, il faut d'abord savoir s'il y a une différence ou pas.
Il faut donc commencer par un test expérimental ; et, ici, je crois que nous aurions intérêt à couper la salade en deux, à tremper une moitié d'une part, et à comparer à l'autre moitié par un test triangulaire (voir le billet du 19 mai 2026).
L'évaluation des résultats ne sera pas facile notamment parce qu'il faudra tenir compte du fait que les feuilles du cœur et les feuilles de l'extérieur ont des croquants différents naturellement, de sorte que quand on donnera des échantillons, il faudra prendre garde de donner des échantillons comparables.
Et, en tout cas, il faudra faire plusieurs tests successifs.
Ce blog contient: - des réflexions scientifiques - des mécanismes, des phénomènes, à partir de la cuisine - des idées sur les "études" (ce qui est fautivement nommé "enseignement" - des idées "politiques" : pour une vie en collectivité plus rationnelle et plus harmonieuse ; des relents des Lumières ! Pour me joindre par email : herve.this@inrae.fr
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dimanche 24 mai 2026
Des protocoles pour tester des précisions culinaires : à propos de salade
vendredi 15 décembre 2017
Cornichons : préparons nous
A propos de cornichons, il y a deux questions essentielles : la couleur verte, et le croquant.
Mais, au fait, pourquoi vouloir des cornichons bien verts, faire croire qu'ils sont frais alors qu'ils sont conservés ?
Vient de paraître aux Editions de la Nuée Bleue : Le terroir à toutes les sauces (un traité de la jovialité sous forme de roman, agrémenté de recettes de cuisine et de réflexions sur ce bonheur que nous construit la cuisine)
Pour
le croquant, on dit qu'on l'obtient si l'on met des feuilles de
vigne ou de chêne avec les cornichons... mais je ne crois pas que des
feuilles soient d'une quelconque utilité.
Il est vrai que les cornichons industriels restent bien fermes, parce qu'ils sont trempés dans du chlorure de calcium. Les ions calcium pontent les pectines des parois cellulaires, bloquant leur hydrolyse, et pontant les cellules (même phénomène que quand une eau calcaire fait des lentilles qui ne s'amollissent pas).
Il est vrai que les cornichons industriels restent bien fermes, parce qu'ils sont trempés dans du chlorure de calcium. Les ions calcium pontent les pectines des parois cellulaires, bloquant leur hydrolyse, et pontant les cellules (même phénomène que quand une eau calcaire fait des lentilles qui ne s'amollissent pas).
Si
l'on n'a pas de chlorure de calcium, il reste la façon qui consiste à
chauffer doucement les cornichons (entre la température ambiante et 70
°C, de sorte que l'on active des enzymes pectine méthylestérase des
cornichons, lesquelles conduisent au même résultat que le trempage dans
une solution (un peu amère, d'ailleurs) de chlorure de calcium. C'est en
vertu de ce
phénomène que des légumes cuits à basse température sont
désastreusement durs.
Bref, il y a du bon dans la méthode
qui consiste à faire bouillir du vinaigre, et à le verser sur les
cornichons, à attendre. Puis, quand c'est refroidi, à recommencer. Autre
méthode plus moderne, plus "cuisine moléculaire" : mettre les
cornichons dans le vinaigre et chauffer très doucement, assez
longuement.
Pour la couleur, j'ai exploré
les dictons anciens, mais je crois que nos cuisiniers d'antan se
bourraient de cuivre : ils utilisaient d'ailleurs des "bassines à
reverdir", bassines en cuivre que l'acide acétique du vinaigre attaque.
Certes, ils avaient des cornichons bien verts... mais la pratique n'est pas saine !
Et, depuis 1902, les producteurs de cornichons au vinaigre (artisans ou industriels) n'ont plus le droit d'utiliser du
sulfate de cuivre pour colorer en vert, comme ils le faisaient à la
suite des cuisiniers domestiques avec leur bassines à reverdir. Il faut
dire que le cuivre n'est pas sain, en doses un peu importantes (raison
pour laquelle il n'est peut être pas judicieux de faire les confitures
dans des bassines en cuivre).
Il existe un brevet, nommé
Veri-green, qui fait usage de sels de zinc, pour garder les couleurs
vertes des légumes verts.Mais, au fait, pourquoi vouloir des cornichons bien verts, faire croire qu'ils sont frais alors qu'ils sont conservés ?
Vient de paraître aux Editions de la Nuée Bleue : Le terroir à toutes les sauces (un traité de la jovialité sous forme de roman, agrémenté de recettes de cuisine et de réflexions sur ce bonheur que nous construit la cuisine)
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