lundi 13 juillet 2026

Je trouve les révisions d'articles très intéressantes parce que ce sont en réalité ces moments de discussion scientifique qui nous font avancer.

 Je trouve les révisions d'articles très intéressantes parce que ce sont en réalité ces moments de discussion scientifique qui nous font avancer.

L'observation mérite d'être faite, car souvent, les scientifiques se plaignent des rapporteurs dans les revues, des évaluateurs, et s'il est vrai que parfois l'un d'entre eux manque d'intelligence de grandeur, il est également vrai que peu importe : c'est à nous de prendre les choses
avec intelligence.

Pour les rapporteurs, il n'y a pas lieu que les auteurs prennent leurs observations pour parole d'évangile, mais au contraire comme des indications que nos textes peuvent être améliorés.

Or c'est bien cela que nous voulons n'est-ce pas ?

Là, ces jours-ci, je révise un texte pour lequel les observations ont été faites deux fois de suite.

La première fois, les rapporteurs avaient très judicieusement observé que bien
des améliorations méritaient d'être apportées et, en réalité, j'ai presque
honte d'avoir soumis un manuscrit si imparfait !

Mis pour cette deuxième révision, au-delà des coquilles, il y a eu, de la part des rapporteurs, quelques observations judicieuses et quelques observations que je ne comprenais initialement pas.

En réalité, mes rapporteurs sont partis sur
des pistes qui ne sont pas celles que je voulais, et je retiens moins de leurs remarques des  solutions qu'ils proposaient que des points d'attention, des invitations à changer le manuscrit aux endroits où ils ont buté.

Et il faut absolument que je fasse des changements, à ces endroit-là.

C'est amusant d'ailleurs d'observer que parfois un seul mot suffit à résoudre un problème qui a semblé considérables à nos rapporteurs, à supprimer un trouble que ressentent nos lecteurs.

Cette observation me fait souvenir de la précision  littéraire exceptionnelle de Gustave Flaubert, qui, changeant un mot par-ci par-là dans sa Tentation de Saint-Antoine, a transformé sa dixième version, déjà  merveilleuse, en une onzième version qui devint sublime.

Loin de moi l'idée de nous comparer à ce génie de la littérature qu'était Flaubert, mais  l'analyse que j'avais faite de cette transformation de la Tentation de Saint-Antoine permet de comprendre comment faire nos révisions de manuscrit, car au fond, si notre langue est précise -ce qu'elle doit être-, alors chaque mot est essentiel et la révision finale d'un manuscrit doit s'attacher strictement à cela.

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