On ne dira jamais assez combien il faut se méfier les littérature secondaire !
Récemment, cherchant des articles sur les changements de couleur des aliments, j'ai trouvé un article qui me semblait bien intéressant et qui citait un article ancien que j'ai voulu consulter.
Ne le trouvant pas, et ne trouvant même pas la revue dont il était écrit que l'article était tiré, j'ai contacté l'auteur qui m'avait mis sur cette piste bloquée, et qui m'a répondu très honnêtement qu'il n'avait pas l'article lui-même, mais qu'il allait demander au premier signataire de son article.
Une heure plus tard, ce même collègue m'a envoyé un message me disant que ce premier
signataire avait corrigé le nom de l'auteur qu'il citait... mais qu'il n'avait ni trouvé ni lu l'article qu'il citait.
Je passe sur la gêne que mes collègues ont dû ressentir, mais pour ce qui me concerne, ayant le nom correct de l'auteur de l'article que je cherchais, j'ai poursuivi mes recherches et j'ai finalement trouvé... que le journal qui avait été cité n'existait pas, pour l'année qui était donnée pour l'article considéré : ce journal avait trois fois changé de nom, et la référence intiale que j'avais eue était erronnée.
Ayant ces informations, j'ai finalement trouvé l'article que je cherchais, et je l'ai envoyé à mes correspondants.
Je conclus que ces derniers ont été honnêtes, mais je n'aurais pas aimé être à leur place, pris en quelque sorte en flagrant délit de citer des articles qu'on a pas lun se contenter de recopier une référence, dans un article "de seconde main".
Ce n'est pas la première fois et sans doute pas la dernière que je vois cette pratique de citer des articles qu'on n'a pas lu.
Ne tombons pas dans ce fossé !
Ce blog contient: - des réflexions scientifiques - des mécanismes, des phénomènes, à partir de la cuisine - des idées sur les "études" (ce qui est fautivement nommé "enseignement" - des idées "politiques" : pour une vie en collectivité plus rationnelle et plus harmonieuse ; des relents des Lumières ! Pour me joindre par email : herve.this@inrae.fr
jeudi 28 mai 2026
Quand nous citons, soyons sûrs de nous !
mercredi 27 mai 2026
Des protocoles pour tester des précisions culinaires : à propos de poulet rôti
Je lis cette précision culinaire :
« Poulet croustillant. Si vous aimez la peau du poulet croustillante, enduisez-la de jus de citron avant de mettre votre poulet à rôtir. Avec ce truc vous pouvez même vous passer de matière grasse. »
Pour ce test, on ne pourra pas comparer deux poulets différents car ils pourraient réagir différemment, et on aura intérêt à badigeonner à côté du poulet d'une façon et l'autre côté de l'autre façon.
Ensuite, on effectuera un test triangulaire sur des morceaux de poulet aussi comparable que possible pour les deux façons.
Mais on observera quand même qu'il y a lieu de s'interroger sur la cuisson du poulet, car il y a des manières de cuire qui font des poulets plus croustillants que d'autres. Comment choisir la recette que l'on mettra en oeuvre ? Personnellement je me résous généralement à utiliser les manuels de l'Education nationale, car ce sont eux qui ont le plus d'écho.
Une passionnante séance publique !
Une séance publique à propos des méthodes modernes d'analyse dites "-omiques"
Le 24 juin prochain, avec mes collègues Hélène Chiappello et Douglas Rutledge, de l'Académie d'agriculture de France, nous organisons, à l'Académie d'Agriculture, au 18 rue de Bellechasse, à Paris, un débat sur la révolution des méthodes "omiques".
Il s'agit de méthodes d'analyse capables de traiter de très grand nombres de données, chimiques, génétiques notamment, pour interpréter des phénomènes bien plus complexes que ceux que l'on était capable d'étudier par le passé.
Évidemment, le développement du numérique, de la bio-informatique et de la chimiométrie
sont à l'origine des résultats spectaculaires que l'on obtient.
Par exemple, c'est en parvenant à détecter l'ensemble des communautés de micro-organismes que l'on a réussi récemment à identifier l'origine du goût de ce que l'on nomme les fins chocolat : finalement, c'est la présence de micro-organismes très particuliers, identifiés dans les bacs de fermentation, que l'on doit le goût de ces chocolats.
Et évidemment, l'industrie du chocolat va considérablement profiter de cette découverte puisque l'on peut maintenant mettre au point des starters, analogues aux levures domestiques pour le pain ou pour la bierre, ou encore aux starters des vignerons.
Dans cette séance publique du 24 juin, à partir de 14h au 18 rue de Bellechasse, à Paris, dans les locaux de l'Académie, l'introduction sera faite par Hélène Chiapello. Puis nous aurons le plaisir d'écouter deux collègues, Justine Bertrand-Michel et Éric Dugat-Bony, avant que nous organisions un débat soutenu par des connaissances chimiométriques de Douglas Rutledge. Je ferai la conclusion de cette séance que je pressens passionnante.
Pour préparer l'éclosion d'ingénieurs de talent, la Fondation Marius Lavet remet des prix de technologie
mardi 26 mai 2026
Des protocoles pour tester des précisions culinaires : à propos d'arêtes de poisson et d'oseille
Je lis dans un livre douteux :
« Petites arêtes. Pour vous débarrasser des petites arêtes caractéristiques de certains poissons, cuisinez à l'oseille. Pour un court-bouillon, ajoutez quelques feuilles d'oseille. Pour une cuisson à four il faut alors farcir le poisson avec une poignée de la plante aromatique. A la cuisson, une substance émise par les feuilles d'oseille dégrade les petites arêtes. »
Nous avons déjà, dans un séminaire, exploré ce prétendu effet de l'oseille et nous n'avions pas vu d'effet.
Mais il y a ici deux prescriptions différentes de celle que nous avions testées, et qui méritent d'être explorées. Notamment, il est question des petites arêtes et non pas de toutes les arêtes alors que la précision culinaire que nous avions considéré était beaucoup plus générale.
Reste donc cette question des petites arêtes et c'est celle-là qu'il faudra tester.
A ce propos, on n'oubliera pas quand même qu'il y a des rangées de petites arêtes près des nageoires : il y en a beaucoup et on pourrait même, au lieu de cuire les poissons entiers, ne cuire que les arêtes avec de l'oseille pour voir s'il y a un effet.
Pour celles et ceux qui râlent contre les rapporteurs
Voici un texte très utile, encourageant : https://www.nature.com/articles/d41586-026-01615-4
Connaissez vous HAL ?
C'est une pièce essentielle du travail scientifique : https://www.ccsd.cnrs.fr/2026/05/hal-une-infrastructure-partagee-pour-plus-de-150-portails-institutionnels/

