Dans des cours de technologie, et plus précisément d'innovation, il est question d'évaluation des étudiants et, lors de la discussion, l'un d'entre eux propose que l'on fasse cela classiquement.
Faire classiquement l'évaluation ? Mais n'est-ce pas dans un tel cours qu'il faut rénover l'évaluation ?
Il y a de nombreuses raisons de changer, et la première est cette devise que je me suis donnée : " tout ce qui est humain est imparfait
et si nous ne sommes pas paresseux nous devons chercher à
perfectionner, disons à améliorer plus modestement".
Oui, nous pouvons chercher à améliorer la manière dont les étudiants étudient, nous pouvons chercher à améliorer les relations entre les professeurs et les étudiants, nous pouvons chercher à améliorer le contenu des cours, nous pouvons chercher à améliorer les relations entre les professeurs et leur institution, nous pouvons chercher à améliorer... l'évaluation.
Cela est d'autant plus nécessaire qu'aujourd'hui l'intelligence artificielle s'est introduite partout et que nous devons en tenir compte positivement.
Déjà, cesdernières années, j'avais encouragé le recours à Internet pour les devoirs, les examens, les QCM, forgeant les questions de telle manière que précisément il n'y ait pas un simple recours à de l'information qui se trouve en ligne mais plutôt une élaboration fondée sur les compétences du cours.
Il en est de même pour l'intelligence artificielle dont on sait parfaitement qu'elle n'est pas fiable et qu'il faut croiser et recroiser les informations qu'elle donne.
Or, pour croiser ces informations, il y a lieu d'être capable de les... évaluer, et cette évaluation doit se faire sur la base des compétences et des connaissances données dans le cours.
Bref, il n'y a pas lieu de se réfugier dans du traditionnel, et il faut se souvenir que l'esclavage était traditionnel et qu'il n'était pas bon.
Pour les évaluations, surtout dans un cours sur l'innovation, il faut innover.
Mais comment ?
Au fond, cela pourrait être précisément un exercice à donner aux étudiants de ce cours, et l'on bâtirait, d'après leurs réponses, une
nouvelle évaluation qu'ils auraient eux-mêmes proposées.
Mais une nouvelle évaluation amendée des contraintes particulières de l'institution scientifique dans laquelle les étudiants s'inscrivent, une nouvelle évaluation fondé sur le référentiel qui a nécessairement été donné comme base au cours dont il s'agit.
Car je répète ici que le référentiel est un contrat entre les enseignants et la structure d'évaluation d'une part, et les étudiants d'autre part. Ou plus exactement un contrat passé avec chaque étudiant particulier.
Le référentiel indique, non, doit indiquer ce qui sera étudié, ce qu'il faut savoir, au termes du cours en terme de compétences et de connaissances, et l'évaluation doit nécessairement porter sur cela.
En conséquences, il faut donc que les référentiels soient parfaitement clairs que l'évaluation teste l'acquisition de ces connaissances et de ces compétences.
Mais il y mille façons de s'y prendre. En tout cas, innovons !
Ce blog contient: - des réflexions scientifiques - des mécanismes, des phénomènes, à partir de la cuisine - des idées sur les "études" (ce qui est fautivement nommé "enseignement" - des idées "politiques" : pour une vie en collectivité plus rationnelle et plus harmonieuse ; des relents des Lumières ! Pour me joindre par email : herve.this@inrae.fr
mercredi 2 septembre 2026
Un paradoxe à propos d'enseignement
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