Révisant un article, qui en est pourtant au deuxième aller-retour avec les rapporteurs, je m'efforce de faire très bien pour éviter de faire perdre du temps à mes collègues. Et je relis donc très soigneusement, très lentement...
Et je découvre que nous avons tous laissé dans le manuscrit de très nombreuses erreurs.
Pourtant nous avons lu attentivement, et à plusieurs puisque nous étions plusieurs auteurs.
Pourtant les deux rapporteurs et l'éditeur en charge du manuscrit ont été très soigneux, voire pointilleux.
Pourtant...
Je sais que je suis trop rapide, trop imprécis, trop brouillon, trop médiocre, et j'en passe, mais on ne peut pas me reprocher de ne pas vouloir faire de mon mieux.
D'autre part, je m'aperçois quand même que mes co-auteur n'ont pas fait mieux que moi.
En réalité, cela ne sert à rien de se lamenter et il faut surtout observer que, quel ce soit le texte, il reste des erreurs jusqu'à la publication et même après... malgré le travail collectif des auteurs, des rapporteurs, des éditeurs, des relecteurs de tout poil...
D'ailleurs, il ne faut pas trop s'en étonner, car chaque signe d'un article est une possibilité de se tromper avec un minimum de 25 erreurs possibles par signe.
Et plus les textes sont longs, plus ils sont en réalité difficile à produire de ce simple point de vue comptable.
Un point de vue probabiliste qui ne vaut pas grand-chose mais qui donne un ordre de grandeur.
Pour en terminer là, je constate surtout que chaque relecture d'un manuscrit, écrit par moi ou par d'autres, est une leçon que je prends, une invitation à être encore plus rigoureux, encore plus lent, encore plus précis, une invitation à relire et relire encore pour débusquer le plus d'erreurs possible.
Et une fois de plus, je remercie tous mes amis qui m'aident dans cette tâche difficile : co-auteurs, éditeurs, rapporteurs, collègues...
L'expression communauté scientifique mais pas rien.
Ce blog contient: - des réflexions scientifiques - des mécanismes, des phénomènes, à partir de la cuisine - des idées sur les "études" (ce qui est fautivement nommé "enseignement" - des idées "politiques" : pour une vie en collectivité plus rationnelle et plus harmonieuse ; des relents des Lumières ! Pour me joindre par email : herve.this@inrae.fr
Affichage des articles dont le libellé est article scientifique. Afficher tous les articles
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samedi 27 juin 2026
Je prends une leçon chaque fois que je relis un manuscrit dont je prépare la publication
mercredi 5 février 2025
Comment obtenir un article scientifique ?
À l'heure où tout se trouve ou presque sur Internet, je vois des étudiants désemparés quand un article scientifique n'est pas en accès libre.
Souvent, afin accéder au document dont ils ont besoin, ils cherchent en ligne des sites qui auraient piraté les revues scientifiques au risque de se faire pirater eux-mêmes.
Pourtant, il est utile de savoir qu'il y a une règle dans la communauté scientifique, à savoir que nous pouvons demander aux collègues de nous envoyer en privé des copies de leur texte, et que les collègues ont l' "obligation" d'envoyer ces textes.
Pour bien comprendre cette affaire, il faut se replacer plusieurs décennies en arrière, quant internet n'existait pas. A cette époque, pour trouver des articles, on allait dans les bibliothèques et l'on commençait par consulter des livres de résumés (abstracts), afin d'identifier les articles qui nous intéressaient.
Puis on allait - physiquement - dans les bibliothèques qui disposaient des collections de journaux scientifiques où figuraient les articles recherchés.
Déjà à cette époque, il y avait déjà des difficultés, quand les bibliothèques scientifiques de notre environnement ne disposaient pas des périodiques particuliers qui nous intéressaient. Dans ce cas, on écrivait aux auteurs afin de leur demander une copie (évidemment papier) de leur article : d'où l'importance de ce qui a quasiment disparu aujourd'hui : les "tirés à part".
Mieux on avait sur le bureau des espèces de cartes postales qui permettaient de gagner du temps quand on demandait des articles : il était pré-imprimé "Dear colleague, please I would be very glad to receive a copy of your article". Il suffisait de remplir le nom et l'adresse, avant d'indiquer au stylo les références de l'article que l'on souhaitait, et de signer. On recevait ensuite les articles demandés, une pratique qui avait l'intérêt de souder la communauté, de créer des relations, un réseau.
Aujourd'hui, on peut faire des demandes de ce type en passant par des réseaux tels que Research Gate, mais on peut, aussi, tout simplement, trouver l'email du collègue que l'on souhaite solliciter et lui écrire pour lui demander une copie PDF de son texte.
C'est une règle de notre communauté de toujours répondre à ces sollicitations.
Ajoutons pour celles et ceux qui ne sont pas familiers avec les règles de l'édition, et notamment les règles de l'édition scientifique, que les lois qui portent sur le droit d'auteur interdisent généralement aux scientifiques individuels de mettre en ligne des articles qu'ils ont publié dans les revues scientifiques (sauf dans le cas où ces articles sont "open"). Il y a eu des débats considérables entre les institutions scientifiques et les revues scientifiques, qui voulaient protéger leur copyright, mais finalement il a été accepté que chaque scientifique puisse mettre en ligne une version non mise en page de son texte. Une certaine honnêteté veut que soit ajoutée la référence exacte et le lien qui conduisent à l'article publié.
Mais n'oublions pas la règle de Michael Faraday : "entretenir des correspondances".
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