vendredi 30 octobre 2020

Quelques questions "personnelles"


Alors que je prévois une discussion en visio avec des "jeunes collègues" qui font des travaux sur la gastronomie moléculaire, on me demande si je peux également répondre à des questions "personnelles.

Et ma réponse :

Pour les questions personnelles, avez vous vu les pages spécifiques ?  C'est là : https://sites.google.com/site/travauxdehervethis/Home/et-plus-encore/pour-en-savoir-plus/questions-et-reponses/questions-personnelles

Cela étant, oui, tout peut être évoqué le 4 : les gens honnêtes n'ont rien à cacher, et, au contraire, ils ont des valeurs à diffuser. Dans mon cas, la principale tient dans ces dictons alsaciens :
1. Mir sin was mir macht
2.  Dr Schaffe het sussi Frucht un Wurscht
Mais il y a toute la liste complète des "valeurs" inscrites sur la porte de mon bureau.


D'autre part, on me demande si j'ai des "rituels". Et l'on ne sera pas étonné que je réponde avec le (1). Et j'ajoute le (2) :

Des rituels ?
1. Le mot est contestable, puisqu'il renvoie au rite :
 Ensemble de prescriptions qui règlent la célébration du culte en usage dans une communauté religieuse.

2. Je me suis donné, en revanche, des habitudes : dès que je me lève, je me mets à travailler avec un café. Ou encore : quand je vais de Montparnasse au laboratoire, chaque jour, à pied, et quand je rentre du laboratoire à Monptparnasse, je dicte des billets de blog (sauf quand j'en profite pour des évaluations personnelles ou des recherches de concepts).
Et encore : tous les soirs, je fais mon "email du soir", structuré (voir le modèle).


On me demande également des "conseils".

Des conseils : décidez de tout ce que vous faites par vous-mêmes, rationnellement. Et n'écoutez pas les conseils.
Mais surtout n'oubliez pas que : Mir sin was mir macht (nous sommes ce que nous faisons).
Bien sur, dans le détail il y a mille choses, qui vont de la maîtrise du calcul (les "maths", comme disent certains) à la précision du langage, mais cela ferait trop (une chape de plomb : voir les documents que je remets aux jeunes amis en stage)


Puis des livres ou des films qui auraient changé ma vie ?

Et pourquoi pas des tableaux, des musiques, etc.? Mais  bon :

Les livres ou films qui ont changé ma vie ? Un seul : un livret de vulgarisation de la chimie qui accompagnait ma boite de chimie, à l'âge de six ans... et ce livre est d'ailleurs très mal fait et très mauvais.
Cela dit  : je ne suis pas du genre à lire des livres et encore moins voir des films, car je m'ennuie ; personnellement, j'ai tant à produire, et cela m'amuse tellement plus !


Enfin, on me demande si j'ai des modèles ou des mentors.

Des modèles ou des mentors ? Plutôt crever ! Je suis grand : je tiens sur mes deux jambes. Je ne veux pas prendre les habits que l'on me tend, mais me faire mon propre cadre... qui devra être changé sans cesse, pour le mieux. Rien de pire que l'immobilisme (pour moi). D'ailleurs, il y a dans mon bureau un panneau : "je suis insuffisant, mais je me soigne : puisque tout ce qui est humain est imparfait, ne nous arrêtons pas de chercher des améliorations".
Chevreul, lui, disait : il faut tendre avec efforts vers l'infaillibilité sans y prétendre.


 

jeudi 29 octobre 2020

Un pseudo sur les réseaux sociaux ? C'est louche

 
Parfois (mais rassurez-vous, très rarement), mes billets de blogs et des twitts me valent des critiques... de personnes qui ne signent leur message que d'un pseudonyme. Cela a de quoi surprendre, car, en contrepartie, mes "amis" qui "aiment" billets ou twitts signent le plus souvent de leur vrai nom.
Mais au-delà de ces constatations, je me dis qu'il y a quelque chose d'étrange à utiliser un pseudonyme pour participer à des débats publics. A-t-on honte de ce que l'on dit ? Et, quand on critique, n'y a-t-il pas une certaine lâcheté à dénoncer ou à critiquer  masqué ? D'autant que les messages négatifs sont parfois à la limite de la diffamation. Personnellement, je n'ai pas de temps à répondre à des roquets, mais quand même, même les chiens qui aboient le font sans se cacher.
Et pour les éloges : pourquoi les faire cachés, au fond ?
Oui, plus généralement, pourquoi ne pas signer de son vrai nom, quand on est parfaitement honnête ?


mercredi 28 octobre 2020

Les ions minéraux et l'organisme

 
Oui, je me suis publiquement engagé à ne parler ni de toxicologie ni de nutrition, mais des amis me demandent si l'on peut boire de la neige fondue... et la réponse est non.
Mais comme je me suis engagé, je me limite à donner ici un "abstract" d'un livre scientifique sur ce thème, et à en livrer ensuite la traduction en français :

D'abord, ce qui a été publié par  Rosborg et al., Drinking Water Minerals and Mineral Balance pp 1-24 :
 

Minerals and drinking water play an important role in the body. There are around 20 essential minerals for humans. Their origin is mostly the bedrock, and they can all be present to high or low concentrations in ground as well as surface water. Normal weight adults need 2.0–2.5 L/day of water for proper hydration, and it is known for centuries that water can be a source of minerals, where they are present as ions, in general readily absorbable. In the eighteenth and nineteenth century well off people in Europe went to health resorts to drink specific mineral waters containing sufficient levels of one or more essential minerals, water chosen for a specific health disorders. On the other hand, case histories from alpine climbing or polar expeditions which used melted snow as the only source of drinking water, with no minerals at all in it, appeared in scientific literature in mid twentieth century. The symptoms were derived from acute water and mineral imbalance and water intoxication, and include weakness, fatigue, convulsions, unconsciousness, and even death. Such water is comparable to RO (Reverse Osmosis) treated, desalinated water of today. Low levels of specific mineral elements have been proven to cause some diseases and symptoms. Thus, districts of Norway had high frequencies of softening of bone tissue among domestic animals (later identified as P deficient soils and water), and parts of China had increased levels of heart failure (low Se in soils and water). Dental remains of Native Americans from parts of Kentucky indicate Mn and Zn deficient soils and water, as cultivated maize had extremely low levels. During the twentieth century, hard water, with elevated levels of especially Ca, Mg and HCO3, presently with focus on Mg, is proven protective against diseases, especially cardiovascular diseases, but also diabetes, osteoporosis and even cancer.

Et en voici la traduction :

Les minéraux et l'eau potable jouent un rôle important dans l'organisme. Il existe environ 20 ions minéraux essentiels pour l'espèce humaine. Ils proviennent principalement des roches terrestres et peuvent tous être présents à des concentrations élevées ou faibles dans les eaux souterraines et de surface. Les adultes de poids normal ont besoin de 2,0 à 2,5 L/jour d'eau pour s'hydrater correctement, et l'on sait depuis des siècles que l'eau peut être une source de minéraux, où ils sont présents sous forme d'ions, en général facilement absorbables. Aux XVIIIe et XIXe siècles, les Européens aisés en Europe se rendaient dans des stations thermales pour boire des eaux minérales spécifiques, contenant des niveaux suffisants d'un ou plusieurs minéraux essentiels, choisie pour des troubles de santé spécifique. D'autre part, des troubles ont été signalés  au milieu du XXe siècle chez des alpinistes ou des membres d'expéditions polaires dont la neige fondue était la seule source d'eau potable, sans aucun minéral. Les symptômes étaient dus à un déséquilibre aigu de l'eau et des minéraux et à un déséquilibre ionique de l'eau ; il s'agissait de  faiblesse,  fatigue,  convulsions, inconscience, et même la mort. Cette eau est comparable à l'eau traitée par osmose inverse (RO) et dessalée d'aujourd'hui. Il a été prouvé que de faibles niveaux d'éléments minéraux spécifiques sont à l'origine de certaines maladies et symptômes. Ainsi, dans certains districts de Norvège, les animaux domestiques présentaient des fréquences élevées de ramollissement du tissu osseux (on a identifié que les sols et les eaux étaient déficients en phosphore), et, dans certaines régions de Chine, l'incidence augmentée des insuffisances cardiaques était  due à de faibles teneurs en sélénium dans les sols et  dans les eaux. Les restes dentaires d'Amérindiens de certaines régions du Kentucky révèlent des déficiences en manganèse et en zinc, dans les sols, les eaux, le maïs cultivé. Au cours du XXe siècle, l'eau dure, avec des niveaux élevés de calcium, magnésium et hydrogénocarbonate (un effort est fait aujourd'hui pour le magnésium) s'est avérée protectrice contre les maladies, en particulier les maladies cardiovasculaires, mais aussi le diabète, l'ostéoporose et même le cancer.

Voilà : ne buvons pas trop de neige fondue !