mercredi 31 décembre 2014

Comment enseigner bien ?



Je ne vais certainement pas répondre à une question si difficile, car ce serait d'une prétention inouie. En revanche, je continue mes soliloques  et je m'interroge afin de partager mes interrogations avec des collègues qui, certainement plus intelligents que moi, sauront me remettre sur le bon chemin si je divague.  
Dans un billet précédent je suis arrivé à la conclusion que, au moins au niveau de la fin de mastère, en fin d'université donc,   les étudiants devaient être capables de lire les articles de recherche récents. Dans cette hypothèse essayons d'affiner un peu.  
La première question est la suivante :  des articles de recherche récents, mais lesquels ? Dans la masse des publications il y en a de bonnes et il y en a de mauvaises. Malgré tous les dispositifs d'évaluation avant publication, il y a tant de revue que  les articles, même mauvais, finissent par être publiés.  On n'y peut rien, et ce serait une naïveté de croire qu'on arrivera à résoudre ce problème.  
L'enseignant aurait-il alors pour mission de proposer aux étudiants  de se consacrer aux bons  articles? Pourquoi pas, aussi, de devenir capables de dépister les mauvais, puisque de toute façon,  ils seront un jour en position de devoir sélectionner eux-mêmes les bonnes publications ? Des articles -bon ou mauvais, donc- étant sélectionnés,  il faudra ensuite que les étudiants les lisent, mais évidemment l'enseignant a pour mission de les aider dans cette tâche qu'ils doivent apprendre. Il y a donc la première question qui est de sélectionner des articles, selon des critères qui doivent être explicites, puis il faudra guider les étudiants pour lire. Lire un article scientifique est une tache qui s'apprend. Il ne s'agit pas seulement de lire, au sens de parcourir nonchalamment les mots du regard. Il faut certainement comprendre  ce qui est écrit, et il faut aussi savoir mettre en perspective, savoir retenir ce  qui est important, par exemple... Il y a donc là une  procédure qui s'apprend et, donc,  qui  s'enseigne. Une fois cette tâche effectuée, que fera-t-on de cette information ?  Il faut sans doute la structurer  parce qu'une information non structurée ne se retient pas, et que, à la limite l'information est dans l'article. Mais une idée dans un tiroir n'est pas une idée, et nous avons la nécessité de sortir les idées du tiroir pour les mettre en oeuvre. Là encore, cette tâche particulière qui s'apprend et, donc,  s'enseigne.  
Je m'arrête là en concluant que le bon enseignant a beaucoup de travail même s'il se limite à vouloir que les étudiants deviennent capables de lire des articles scientifiques.