vendredi 26 février 2016

Quand la "cash investication " est une "trash investigation"


Une récente émission de France 2 sur le thème « Produits chimiques : nos enfants en danger » a suscité des réactions indignées sur internet et dans la grande presse (y compris dans Libération).

Cette émission était largement assise sur un axiome asséné d’entrée qui prétendait que « selon le rapport annuel de l’EFSA », « 97% de nos aliments contiennent des pesticides » et qu’il existerait des risques manifestes qui découlent pour la population et les enfants en particulier, en raison de cette « présence massive ».

La vérité est bien différente : entre 1996 et nos jours, soit près de vingt années d’analyses de contrôle pour la recherche de résidus de pesticides conduites par les états-membres, centralisées au niveau européen par l’EFSA, le taux des denrées alimentaires sans aucun résidu décelable n’a jamais été inférieur à 52,7%
Il était de 54,9% en 2012, 54,6% en 2013. 

Cela veut dire que la majorité des aliments que nous consommons, issus pour la plupart de l’agriculture conventionnelle, ne contiennent aucun résidu de pesticide décelable avec les moyens d’analyse les plus modernes.  

Dans une fraction minoritaire de nos aliments (42,2% en 2012, 43,9% en 2013), il est possible de déceler des traces d’une ou plusieurs des 800 substances phytopharmaceutiques recherchées, mais à des niveaux toujours inférieurs aux très officielles limites maximales de résidus (LMR) Ce qui veut dire qu’une fraction écrasante de notre alimentation (97,1% en 2012, 98,5% en 2013) est parfaitement conforme à la loi et ne présente aucun risque pour le consommateur.  

Ce qui ne doit pas nous empêcher de chercher à toujours réduire le faible nombre des cas où ces LMR sont dépassées (2,9% des échantillons analysés en 2012, 1,5% en 2013). Très fréquemment, ces cas relèvent de produits importés de pays très pauvres où la réglementation, lorsqu’elle existe, est souvent différente de celle qui encadre le travail des agriculteurs européens chez lesquels les taux de dépassement de LMR sont extrêmement faibles.

De nombreuses académies (qui n'ont rien à vendre, contrairement à certains journalistes) ont écrit  au CSA et au Président de France 2 une lettre argumentée pour dénoncer les contre-vérités portées par la récente émission, sa totale absence de déontologie, voire a volonté de manipulation de l’opinion qui s’exprime par de telles méthode.