dimanche 13 avril 2014

Pardon pour ma naïveté



Je commence aujourd'hui une nouvelle série de billets, qui ont pour vocation de diffuser de l'optimisme, car c'est un fait que la vie est merveilleuse;-). Un fait qui n'est pas discutable, juste un fait de décision. Et ces billets sont un entraînement pour des temps plus sombres, à moins qu'il n'y ait là un vice de raisonnement à admettre des temps sombres alors que, précisément, on s'efforce de les voir clairs.
Examinons donc très rapidement la question : les temps sont-ils sombres ? Si nous relisons Aristophane, nous voyons Athènes dans un état ni meilleur ni pire que celui du monde environnant. Évidemment, entre temps, il y a eu des périodes terribles, telle la Guerre de Trente Ans, qui a décimé littéralement l'Alsace, ou des guerres dites mondiales dont on était heureux de sortir vivant. Cela, on ne peut le nier, mais on peut aussi observer que les études sur le sentiment de bonheur ont quantitativement révélé que tous les peuples sont heureux de la même façon, quelle que soient les circonstances. Oui, même dans des pays où sévit la famine, l'Unesco a mesuré que la proportion de gens qui se disent heureux est comme dans des pays plus riches. Le fait que la vie soit merveilleuse doit donc être un
a priori, pas plus (mais pas moins) ;
Surtout n'est-ce pas une politesse pour notre environnement, la collectivité, que de partager avec elle notre émerveillement, face aux beautés du monde. C'est un peu la position du guide, dans le musée, qui attire notre attention sur tels détails remarquable des tableaux, telle circonstance extraordinaire de leur réalisation, telle histoire des toiles, passées de mains en mains jusqu'à nous... Notre nouveau langage sera allégorique, à la manière des cercles et des sphères de Dante, mais nous éviterons les cercles de l'enfer, pour nous concentrer sur les sphères du paradis. Je propose que le centre de ces cercles concentriques soit occupé par le mot « mécanisme ».




Mécanisme : c'est un mot d'enfant, puisqu'il renvoie à ce « Papa, maman, comment ça marche ? »
Oui, comment ça marche ? Quel est le mécanisme ? La focalisation sur cette question n'est-elle pas la clé du bonheur ? C'est la clé de l'Etude, qui évite que l'on se perde en ego, en oisiveté ; la clé de cette curiosité qui nous pousse, nous fait vivre, nous conduit à voir toujours plus loin, toujours après. C'est la clé des sciences, et aussi la clé des technologies ; c'est la clé de la compréhension du monde, la clé de la destruction des idoles... Quel est le mécanisme ?
Certains... cercles (;-) ) ont bien utilisé ce questionnement très humain pour construire des lieux d'élévation et éventuellement de pouvoir : on met une porte, et la femme de Barbe bleue veut voir ce qu'il y a derrière, et l'enfant regarde par le trou de la serrrure. On crée des secrets, et l'être humain veut les percer. On fait des « mystères », et n'est-ce pas pour nous faire croire qu'il y a « quelque chose » que nous ignorons et que nous devons découvrir ? Le secret, le mystère : bien sûr, certains malhonnêtes peuvent utiliser ce... mécanisme pour détourner notre penchant (sans doute biologiquement codé), mais on peut aussi l'utiliser à des fins plus élevées. Par exemple, Aristophane disait justement qu'enseigner, ce n'est pas emplir des cruches, mais allumer des brasiers. Ne pouvons-nous utiliser le penchant humain pour le « mystère » en vue de mettre nos « amis » sur le chemin de l'exploration, les lancer dans leur propre quête, dont le but sera peut-être même à trouver, à définir en même temps que le chemin se fera ?
Tout cela est bien grave, et ce n'est pas un petit esprit comme le mien qui peut prétendre à contribuer beaucoup à la question, mais au moins, je crois utile à l'élaboration d'optimisme  de poser la question : « quel est le mécanisme ? ».